Qu'il vienne, qu'il vienne,
Le temps dont on s'éprenne.
J'ai tant fait patience
Qu'à jamais j'oublie.
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.
Qu'il vienne, qu'il vienne,
Le temps dont on s'éprenne.
Telle la prairie
À l'oubli livrée,
Grandie et fleurie
D'encens et d'ivraies,
Au bourdon farouche
De très sales mouches,
Qu'il vienne, qu'il vienne,
Le temps dont on s'éprenne.
J'aimai le désert, les vergers brûlés, les boutiques fanées, les
boissons tiédies. Je me traînais dans les ruelles puantes et, les yeux
fermés, je m'offrais au soleil, dieu de feu.
«Général, s'il reste un vieux canon sur tes remparts en ruines,
bombarde-nous avec des blocs de terre sèche. Aux glaces des magasins
splendides! dans les salons! Fais manger sa poussière à la ville. Oxyde
les gargouilles. Emplis les boudoirs de poudre de rubis brûlante...»
Oh! le moucheron enivré à la pissotière de l'auberge, amoureux de la
bourrache, et que dissout un rayon!