NOCTURNE VULGAIRE

Un souffle ouvre des brèches opéradiques dans les cloisons,--brouille

le pivotement des toits rongés,--disperse les limites des

foyers,--éclipse les croisées.

Le long de la vigne, m'étant appuyé du pied à une gargouille,--je

suis descendu dans ce carrosse dont l'époque est assez indiquée par

les glaces convexes, les panneaux bombés et les sophas contournés.

Corbillard de mon sommeil, isolé, maison de berger de ma niaiserie,

le véhicule vire sur le gazon de la grande route effacée: et dans un

défaut en haut de la glace de droite tournaient les blêmes figures

lunaires, feuilles, seins;

--Un vert et un bleu très foncés envahissent l'image.

Dételage aux environs d'une tache de gravier.

--Ici va-t-on siffler pour l'orage, et les Sodomes et les Solymes, et

les bêtes féroces et les armées.

(Postillon et bêtes de songe reprendront-ils sous les plus suffocantes

futaies, pour m'enfoncer jusqu'aux yeux dans la source de soie?)

Et nous envoyer, fouettés à travers les eaux clapotantes et les

boissons répandues, rouler sur l'aboi des dogues...

--Un souffle disperse les limites du foyer.

Oeuvres de Arthur Rimbaud: Vers et proses Revues sur les manuscrits originaux et les premières éditions mises en ordre et annotées par Paterne Berrichon; poèmes retrouvés · 第 92 / 220 题