IV

Regrets des bras épais et jeunes d'herbe pure!

Or des lunes d'avril au cœur du saint lit! Joie

des chantiers riverains à l'abandon, en proie

aux soirs d'août qui faisaient germer ces pourritures!

Qu'Elle pleure à présent sous les remparts! l'haleine

des peupliers d'en haut est pour la seule brise.

Puis, c'est la nappe, sans reflets, sans source, grise:

un vieux, dragueur, dans sa barque immobile, peine.

V

Jouet de cet œil d'eau morne, Je n'y puis prendre,

ô canot immobile! oh! bras trop courts! ni l'une

ni l'autre fleur: ni la jaune qui m'importune,

là; ni la bleue, amis, à l'eau couleur de cendre.

Ah! la poudre des saules qu'une aile secoue!

les roses des roseaux dès longtemps dévorées!

Mon canot, toujours fixe; et sa chaîne tirée

au fond de cet œil d'eau sans bords,--à quelle boue?

Oeuvres de Arthur Rimbaud: Vers et proses Revues sur les manuscrits originaux et les premières éditions mises en ordre et annotées par Paterne Berrichon; poèmes retrouvés · 第 65 / 220 题