MÉMOIRE

I

L'eau claire: comme le sel des larmes d'enfance;

l'assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes;

la soie, en foule et de lys pur, des oriflammes

sous les murs dont quelque pucelle eut la défense;

l'ébat des anges;--non... le courant d'or en marche

meut ses bras, noirs et lourds et frais surtout, d'herbe. Elle,

sombre, avant le Ciel bleu pour ciel de lit, appelle

pour rideaux l'ombre de la colline et de l'arche.

Oeuvres de Arthur Rimbaud: Vers et proses Revues sur les manuscrits originaux et les premières éditions mises en ordre et annotées par Paterne Berrichon; poèmes retrouvés · 第 62 / 220 题