Tandis que la majorité de nos aviateurs se livrent à des reconnaissances
qui rendent les plus grands services à notre état-major, d'autres
entreprennent des raids offensifs d'une audace encore plus
impressionnante.
C'est ainsi que le lieutenant Cesari et le caporal Prudhommeau sont
partis de Verdun, le vendredi 14 août à 17 h. 30, chacun dans son avion,
avec mission de reconnaître, de détruire si possible, le hangar à
dirigeables de Frascati à Metz.
Les deux vaillants soldats sont arrivés près de la ligne des forts, le
lieutenant à 2.700 mètres et le caporal à 2.200. Malgré une canonnade
ininterrompue, ils ont maintenu leur direction.
Un peu avant d'arriver au-dessus du champ de manoeuvres, le moteur du
lieutenant a cessé de fonctionner. L'aviateur, ne voulant pas tomber
sans avoir rempli sa mission, se mit en vol plané, et c'est en vol plané
qu'il jeta sa bombe, avec un merveilleux sang-froid. Peu après le moteur
reprit sa marche régulière.
[Illustration: Le lieutenant aviateur Cesari.]
Le caporal, de son côté, avait lancé son projectile. Pas plus que le
lieutenant, il ne put observer exactement, à travers la fumée des
projectiles ennemis, le point de chute, mais il croit avoir atteint le
but.
Les deux héros, rentrés sains et saufs à leur quartier, ont été, à juste
titre, cités à l'ordre du jour de l'armée.
[Illustration: Le territoire de l'ancienne Pologne, à laquelle le tsar
promet l'autonomie]
[Illustration: Les frontières russo-germaniques]