Le petit bœuf et la vache, comme mari et femme--tirent à la charrue.
Houlà!
De l’aube à la nuit, ils vont lents et maigres, par les sillons.--Le
champ est en pente: par le bout, il s’enfonce dans le ciel.--Chaque fois
qu’ensemble ils montent,--le petit bœuf et la vache tirent plus fort sur
l’attelle.--Ils croient qu’arrivés là-haut--on les ramènera vers leur
litière.--Houlà!
Voilà qu’il leur faut descendre pour remonter ensuite.--Jamais ils n’ont
fini de rayer les cailloux avec le soc.--Moi et Katia, nous sommes comme
le petit bœuf et la vache.--Quand l’un va à droite, l’autre va du même
côté.--Il y a longtemps que notre charrue--retourne le champ; les
cailloux sont toujours en aussi grand nombre.--Le petit bœuf ne se
plaint à la vache,--la Katia non plus ne se plaint à moi.--Jamais nous
ne nous parlons:--la bouche est un moulin qui moud du vent. Houlà!
Le jour où nous serons riches,--nous irons voir au bout du champ, là où
luit le ciel--ce qu’il y a par-dessus le champ.--Il y a l’église et le
cimetière,--il y a la mort qui sonne les cloches. Houlà! Houlà! Hue! Ja!