Quelque chose est survenu, ma mère,--retirez de l’armoire la robe de
l’autre jour,--la belle robe fleurie.
Faites-y, ma mère, un point--si solide que la mort même ne puisse le
défaire.--Un vent léger a passé sur le verger,--il a passé d’abord sur
les ifs du cimetière.
J’irai au puits, j’en viderai les eaux--je chercherai l’anneau que j’y
lançai l’autre jour.--Je suis allée au puits, je n’ai pas retrouvé
l’anneau.--Un vent glacé remuait les croix du cimetière.
Non, ma mère, c’est trop tard pour moi d’en aimer un autre.--Celui qui
repose là a aussi--mon cœur enterré avec lui.--A présent retirez la clef
du tiroir,--plus jamais je ne porterai la robe fleurie.
La clef, jetez-la où l’autre jour j’ai lancé l’anneau.