MADAME,

_Je n'aurois pas osé vous dédier la Relation de mon Esclavage, si les

témoignages que j'ay receus de vos bontez ne m'en avoient inspiré la

hardiesse; J'ay crû aussi que je ne pouvois mieux vous en marquer ma

reconnoissance qu'en vous offrant le seul bien dont mon estat me laisse

la disposition, & que la peinture des miseres des Captifs devoit estre

presentée à une personne qui s'interesse si chrétiennement à leur

liberté. C'est icy, MADAME, où vostre solide pieté & vostre humeur bien

faisante, me fourniroient une ample matiere d'Eloge, si vostre modestie

ne s'opposoit à mon zele; mais quelque silence qu'elle m'inpose, je ne

sçaurois oublier que vous estes la digne Epouse d'un mary dont la

naissance & le merite, sont également recommandables; Les grands Employs

dans lesquels la Maison de l'Hopital a servy la France, la font

considerer avec la distinction du monde la plus glorieuse, & le

Gouvernement dont le Roy vient d'honnorer Monsieur le Marquis vostre

Epoux, est une preuve certaine de son merite; ce qui fait esperer qu'il

succédera aux honneurs de ses Ancestres, dont il possede la vertu. Si je

ne puis contribuer à sa gloire, souffrez du moins que je fasse des voeux

dans l'Auguste Sacrifice de nos Autels, pour sa conservation & pour la

vôtre, & que je me dise avec respect,_

_MADAME,_

Vostre tres humble & tres-obeïssant serviteur,

L'esclave religieux, et ses avantures · 第 3 / 11 题