SONNET A MA MIE

Je regrète le tems où, tout bardé de fer,

Hampe au poing, dague au flanc, on errait par le monde;

Le temps où l’on vêtait le heaume à grille ronde,

Le gorgerin de cuir, la gambe et le hauber.

Coups de masse et d’estoc! On était fort et fier:

On se navrait gaiement pour le los de sa blonde;

Le cœur était loyal et la valeur féconde:

Les gentils preux n’avaient souci que de l’Enfer.

On ne se cachait point pour rêver à sa mie:

On s’aimait sans remors, et nul n’en gaussait mie:

Seul, le parjure aux vœux d’amour était félon.

Beau tems! J’eusse porté tes couleurs, ta devise,

Et ton nom brodé d’or sur mon blanc gonfalon.

--Une nuit m’eût faict roi, qui t’eût faicte marquise.

La Légende des sexes: Poëmes hystériques · 第 26 / 66 题