Et il signa, comme d'habitude: FERDINAND B.[1]»

[Note 1: Nous avons relevé l'apostille du roi sur la démission

elle-même.]

Caracciolo jeta les yeux sur les trois lignes que venait d'écrire le

roi, plia sa démission, la mit dans sa poche, salua respectueusement

Ferdinand, et s'apprêta à sortir.

--Tu oublies ta montre, dit le roi.

--Cette montre n'a pas été donnée à l'amiral, elle a été donnée au

pilote. Sire, hier, le pilote n'existait point; aujourd'hui, l'amiral

n'existe plus.

--Mais j'espère, dit le roi avec cette dignité qui de temps en temps,

apparaissait chez lui comme un éclair, j'espère que l'ami leur survit.

Prends cette montre, et, si jamais tu es prêt à trahir ton roi, regarde

le portrait de celui qui te l'a donnée.

--Sire, répondit Caracciolo, je ne suis plus au service du roi; je suis

simple citoyen: je ferai ce que m'ordonnera mon pays.

Et il sortit, laissant le roi non-seulement triste, mais rêveur.

Le lendemain, ainsi que Ferdinand l'avait ordonné, les obsèques de son

fils le prince Albert eurent lieu sans pompe, comme eussent eu lieu

celles d'un enfant ordinaire.

Le corps fut déposé dans les caveaux de la chapelle du château connue

sous le nom de chapelle du roi Roger.

La San-Felice, Tome 06 · 第 10 / 48 题