DE PAR HORACE NELSON

C'était à la suite de l'entrevue que le fermier et Scipion Lamarra

avaient eue avec milord Nelson que sir William Hamilton avait écrit à

sir John Acton:

«Caracciolo et _douze de ces infâmes rebelles_ seront bientôt entre les

mains de milord Nelson.»

Les _douze infâmes rebelles_, nous l'avons vu par la lettre d'Albanese

au cardinal, avaient été expédiés à bord du _Foudroyant_.

C'étaient Manthonnet, Massa, Bassetti, Dominique Cirillo, Ercole,

d'Agnese, Borgo, Piati, Mario Pagano, Conforti, Bassi et Velasco.

Quant à Caracciolo, il devait être livré le 29 au matin.

En effet, pendant la nuit, six matelots, déguisés en paysans et armés

jusqu'aux dents, avaient abordé au Granatello, étaient descendus à

terre, et, guidés par Scipion Lamarra, avaient pris le chemin de

Calvezzano, où ils étaient arrivés vers trois heures du matin.

Le fermier veillait, tandis que Caracciolo, à qui il avait rapporté de

Naples les nouvelles les plus tranquillisantes, s'était couché et

dormait aveuglé par cette confiance que les honnêtes gens ont, par

malheur, presque toujours, dans les coquins.

Caracciolo avait son sabre sous son chevet, deux pistolets sur sa table

de nuit; mais, prévenus par le fermier de ces précautions, les marins,

en s'élançant dans la chambre, avaient commencé par mettre la main sur

les armes.

Alors, en voyant qu'il était pris et que toute résistance était inutile,

Caracciolo avait relevé la tête et tendu de lui-même les mains aux

cordes dont on s'apprêtait à le lier.

Il avait bien voulu fuir la mort, tant que la mort n'était pas là; mais,

la sentant sous ses pas, il se retournait et lui faisait face.

Une espèce de charrette d'osier attelée de deux chevaux attendait à la

porte. On y porta Caracciolo. Les soldats s'assirent autour de lui;

Scipion prit les rênes.

Le traître se tint à l'écart et ne parut pas.

Il avait discuté le prix de sa trahison, en avait reçu une partie et

devait recevoir le reste après livraison faite de son maître.

On arriva à sept heures du matin au Granatello; on transborda le

prisonnier de la charrette dans la barque; les six paysans redevinrent

des matelots, ressaisirent leurs avirons et ramèrent vers _le

Foudroyant_.

Depuis dix heures du matin, Nelson était sur le pont du _Foudroyant_, sa

lunette à la main, et l'oeil tourné vers le Granatello, c'est-à-dire

entre Torre-del-Greco et Castellamare.

Il vit une barque se détacher du rivage; mais, à sept ou huit milles de

distance, il n'y avait pas moyen de la reconnaître. Cependant, comme

elle était la seule qui sillonnât la surface unie et calme de la mer,

son oeil ne s'en détourna point.

Un instant après, la belle créature qu'il avait à bord, souriante comme

si elle entrait dans un jour de fête, montra sa tête au-dessus de

l'escalier du tillac et vint s'appuyer à son bras.

Malgré ses douces habitudes de paresse, qui souvent lui faisaient

commencer sa journée lorsque plus de la moitié de la journée était

passée, elle s'était levée, ce jour-là, dans l'attente des grands

événements qu'il devait voir s'accomplir.

--Eh bien? demanda-t-elle à Nelson.

Nelson lui montra silencieusement du doigt la barque qui s'approchait,

n'osant encore lui affirmer que ce fût la barque attendue, mais jugeant,

d'après la ligne rigide qu'elle suivait depuis qu'elle avait quitté le

rivage en s'avançant vers _le Foudroyant_, que ce devait être elle.

--Où est sir William? demanda Nelson.

--C'est à moi que vous faites cette question? demanda en riant Emma.

Nelson rit à son tour; puis, se retournant:

--Parkenson, dit-il au jeune officier qui se trouvait le plus rapproché

de lui, et auquel d'ailleurs, soit sympathie, soit certitude d'être plus

intelligemment obéi, il adressait plus volontiers ses

ordres,--Parkenson, tâchez donc de découvrir sir William, et dites-lui

que j'ai tout lieu de croire que la barque que nous attendons est en

vue.

Le jeune homme salua et se mit en quête de l'ambassadeur.

Pendant les quelques minutes que le jeune lieutenant mit à trouver sir

William et à l'amener, la barque continuait à s'approcher, et les doutes

de Nelson commençaient à disparaître. Les rameurs, nous l'avons dit,

déguisés en paysans, ramaient d'une façon trop régulière pour être des

paysans, et, d'ailleurs, debout à la proue, se tenait et faisait des

signes de triomphe un homme que Nelson finit par reconnaître pour

Scipion Lamarra.

Parkenson avait trouvé sir William Hamilton occupé à écrire au capitaine

général Acton, et il avait interrompu sa lettre, à peine commencée, pour

venir en toute hâte joindre Nelson et Emma Lyonna sur le pont.

La lettre interrompue était sur son bureau, et nous allons donner une

nouvelle preuve de la conscience que nous avons mise dans nos

recherches, en mettant sous les yeux de nos lecteurs ce commencement de

lettre, dont, plus tard, nous leur donnerons la suite.

Voici ce commencement:

«A Bord du _Foudroyant_, 29 juin 1799.

»Monsieur,

»J'ai reçu de Votre Excellence trois lettres, deux en date du 25, et

l'autre en date du 26, et je suis enchanté de voir que tout ce que lord

Nelson et moi avons fait, a obtenu l'approbation de Leurs Majestés

Siciliennes. Le cardinal s'obstine à se séparer de nous et ne veut pas

se mêler de la reddition de Saint-Elme. Il a envoyé, pour le remplacer

et pour se mettre d'accord sur les moyens d'attaque avec lord Nelson le

duc de la Salandra. Le capitaine Troubridge commandera les milices

anglaises et les soldats russes; vous arriverez avec quelques bonnes

pièces d'artillerie, et alors ce sera le duc de Salandra qui commandera

en chef. Troubridge n'a fait aucune opposition à cet arrangement.

»En somme, je me flatte que cette importante affaire sera promptement

terminée et que la bannière du roi flottera dans quelques jours sur

Saint-Elme, comme elle flotte déjà sur les autres châteaux...»

C'était là qu'en était sir William, lorsque le jeune officier était venu

le déranger.

Il était monté sur le pont, comme nous l'avons dit, et était venu se

joindre au groupe que formaient déjà Nelson et Emma Lyonna.

Quelques instants après, il n'y avait plus aucun doute: Nelson avait

reconnu Scipion Lamarra, et les signes de celui-ci lui avaient donné à

connaître que Caracciolo était prisonnier et qu'on le lui amenait.

Que se passa-t-il dans le coeur de l'amiral anglais lorsqu'il apprit

cette nouvelle tant désirée? Ni l'historien ni le romancier n'ont la vue

assez perçante pour voir au delà de cette couche d'impassibilité qui

s'étendit sur son visage.

Bientôt, l'oeil des trois personnes intéressées à cette capture put

bientôt, en plongeant au fond de la barque, y voir l'amiral couché et

garrotté. Son corps, placé en travers de la barque, avait pu servir

d'appui aux deux rameurs du milieu.

Sans doute ne jugea-t-on pas à propos de prendre la peine de contourner

le bâtiment pour aborder par l'escalier d'honneur, ou peut-être encore

eut-on honte de pousser jusque-là la dérision. Mais tant il y a que la

gaffe des deux premiers matelots s'attacha à l'escalier de bâbord, et

que Scipion Lamarra s'élança sur cet escalier pour annoncer le premier

de vive voix à Nelson la réussite de l'entreprise.

Pendant ce temps, les marins déliaient les jambes de l'amiral pour qu'il

pût monter à bord; mais ils lui laissaient les mains liées derrière le

dos avec une telle rigidité, que, lorsque ces liens tombèrent, ils

avaient laissé autour des poignets la trace sanglante de leurs nombreux

anneaux.

Caracciolo passa devant ce groupe ennemi dont la joie insultait à son

malheur, et fut conduit dans une chambre de l'entre-pont, dont on laissa

la porte ouverte en plaçant deux sentinelles à cette porte.

A peine Caracciolo avait-il fait cette courte apparition, que sir

William, désireux d'annoncer le premier au roi et à la reine cette bonne

nouvelle, se précipita dans sa chambre, reprit la plume et continua:

«Nous venons d'avoir le spectacle de Caracciolo, _pâle, avec une longue

barbe, à moitié mort, les yeux baissés, les mains garrottées_. Il a été

amené à bord du vaisseau _le Foudroyant_, où se trouvent déjà

non-seulement ceux que je vous ai nommés, mais encore le fils de

Cassano[7], don Julio, le prêtre Pacifico et d'autres infâmes traîtres.

Je suppose qu'il sera fait promptement justice des plus coupables. En

vérité, c'est une chose qui fait horreur; mais, moi qui connais leur

ingratitude et leurs crimes, je suis moins impressionné du châtiment que

les nombreuses personnes qui ont assisté à ce spectacle. Je crois,

d'ailleurs, que c'est pour nous une excellente chose que d'avoir à bord

du _Foudroyant_ les principaux coupables, au moment où l'on va attaquer

Saint-Elme, attendu que nous pourrons trancher une tête à chaque boulet

que les Français tireront sur la ville de Naples.

»Adieu, mon très-cher monsieur, etc.

»W. HAMILTON.

[Note 7: Un mot sur ce jeune homme, qui ne joue aucun rôle dans notre

histoire, mais qui va nous fournir, en passant, la mesure de

l'abaissement de certaines âmes à cette époque. Il eut la tête tranchée,

quoique âgé de seize ans à peine. Huit jours après l'exécution, son père

donnait un grand dîner à ses juges!]

»_P.-S._--Venez, s'il est possible, pour accommoder toutes choses.

J'espère que nous aurons terminé, avant leur arrivée, quelques affaires

qui pourraient affliger Leurs Majestés. Le procès de Caracciolo va être

fait par les officiers de Leurs Majestés Siciliennes. S'il est condamné,

comme c'est probable, la sentence sera immédiatement exécutée. Il semble

déjà à moitié mort d'abattement. Il demandait à être jugé par des

officiers anglais.

»Le bâtiment qui vous portera cette lettre partant à l'instant pour

Palerme, je ne puis rien vous dire de plus.»

Et, cette fois, sir William Hamilton pouvait, sans crainte de se

tromper, annoncer que le procès ne durerait pas longtemps.

Voici les ordres de Nelson; on ne l'accusera point d'avoir fait attendre

l'accusé:

_Au capitaine comte de Thurn, commandant la frégate de Sa Majesté_ LA

MINERVE.

«De par Horace Nelson;

»Puisque François Caracciolo, commodore de Sa Majesté Sicilienne, a été

fait prisonnier, et est accusé de rébellion contre son légitime

souverain, pour avoir fait feu sur la bannière royale hissée sur la

frégate _la Minerve_, qui se trouvait sous vos ordres.

»Vous êtes requis et, en vertu de la présente, il vous est ordonné de

réunir cinq des plus anciens officiers qui se trouvent sous votre

commandement, en retenant la présidence pour vous, et d'informer pour

savoir si le délit dont est accusé ledit Caracciolo peut être prouvé;

et, si la preuve du délit ressort de l'instruction, _vous devez recourir

à moi pour savoir quelle peine il subira_.

A bord du _Foudroyant_, golfe de Naples, 29 juin 1799.

»HORACE NELSON.»

Ainsi, vous le voyez par le peu de mots que nous avons soulignés, ce

n'était point le conseil de guerre qui faisait le procès, ce n'étaient

pas les juges qui avaient reconnu la culpabilité, qui devaient appliquer

la peine selon leur conscience; non, c'était Nelson, qui n'assistait ni

à l'instruction ni à l'interrogatoire; qui, pendent ce temps peut-être,

parlait d'amour avec la belle Emma Lyonna; c'était Nelson qui, sans même

avoir pris connaissance du procès, se chargeait de prononcer la sentence

et de déterminer la peine!

Aussi, l'accusation est-elle si grave, qu'une fois encore, comme la

chose nous est arrivée si souvent dans le cours de ce récit, le

romancier, qui craint qu'on ne l'accuse de trop d'imagination, passe la

plume à l'historien et lui dit: «A ton tour, frère: la fantaisie n'a pas

le droit d'inventer, l'histoire seule a le droit de dire ce que tu vas

dire.»

Nous affirmons donc qu'il n'y a pas un mot de ce que l'on a lu depuis le

commencement de ce chapitre, nous affirmons donc qu'il n'y a pas un mot

de ce qu'on va lire jusqu'à la fin de ce chapitre qui ne soit l'exacte

vérité: ce n'est pas notre faute si, pour être nue, elle n'en est pas

moins terrible.

Nelson, sans s'inquiéter du jugement de la postérité et même des

contemporains, avait décidé que le procès de Caracciolo aurait lieu sur

son propre bâtiment, attendu, comme le disent MM. Clarke et Marc Arthur

dans leur _Vie de Nelson_, que l'amiral craignait que, si le procès se

faisait à bord d'un navire napolitain, le navire ne se révoltât, _tant_,

ajoutent ces messieurs, _tant Caracciolo était aimé dans la marine!_

Aussi le procès commença-t-il immédiatement après la publication de

l'arrêté rendu par Nelson, celui-ci ne s'inquiétant point, dans son

servilisme pour la reine Caroline, pour le roi Ferdinand, et peut-être

même dans son orgueil personnel, si profondément offensé par Caracciolo;

celui-ci ne s'inquiétant point, disons-nous, s'il foulait aux pieds

toutes les lois internationales, puisqu'il n'avait pas le droit de juger

son égal en rang, son supérieur comme position sociale, lequel, s'il

était coupable, n'était coupable qu'envers le roi des Deux-Siciles, et

non envers le roi d'Angleterre.

Et maintenant, pour que l'on ne nous accuse pas de sympathie à l'égard

de Caracciolo et d'injustice envers Nelson, nous allons purement et

simplement tirer du livre des panégyristes de l'amiral anglais le

procès-verbal du jugement. Ce procès-verbal, dans sa simplicité, nous

paraît bien autrement émouvant que le roman inventé par Cuoco ou

fabriqué par Coletta.

Les officiers napolitains composant le conseil de guerre, sous la

présidence du comte de Thurn, se réunirent immédiatement dans le carré

des officiers.

Deux marins anglais, sur l'ordre du comte de Thurn, se rendirent à la

chambre où était enfermé Caracciolo, lui enlevèrent les cordes qui le

garrottaient et le conduisirent devant le conseil de guerre.

La chambre où il était réuni resta ouverte, selon l'usage, et tous

purent y entrer.

Caracciolo, en reconnaissant dans ses juges, à part le comte de Thurn,

tous les officiers qui avaient servi sous lui, sourit et secoua la tête.

Il était évident que pas un de ces hommes n'oserait l'absoudre.

Il y avait du vrai dans ce qu'avait dit sir William. Quoique âgé de

quarante-neuf ans à peine, grâce à sa barbe inculte, à ses cheveux en

désordre, Caracciolo en paraissait soixante et dix.

Cependant, arrivé en face de ses juges, il se redressa de toute la

hauteur de sa taille et retrouva l'assurance, la fermeté, le regard d'un

homme habitué à commander, et son visage, bouleversé par la rage, prit

l'expression d'un calme hautain.

L'interrogatoire commença. Caracciolo ne dédaigna point d'y répondre, et

le résumé de ses réponses fut celui-ci:

«Ce n'est point la République que j'ai servie, c'est Naples; ce n'est

point la royauté que j'ai combattue, c'est le meurtre, le pillage,

l'incendie. Depuis longtemps, je faisais le service de simple soldat,

lorsque j'ai été en quelque sorte contraint de prendre le commandement

de la marine républicaine, commandement qu'il m'était impossible de

refuser.»

Si Nelson eût assisté à l'interrogatoire, il eût pu appuyer cette

assertion de Caracciolo; car il n'y avait pas trois mois que Troubridge

lui avait écrit, on se le rappelle:

«J'apprends que Caracciolo a l'honneur de monter la garde comme simple

soldat. Hier, il a été vu faisant la sentinelle au palais. _Il avait

refusé de prendre du service;_ mais il paraît que les jacobins forcent

tout le monde.»

On lui demanda alors pourquoi, puisqu'il avait servi forcément, il

n'avait pas profité des occasions nombreuses qui lui avaient été

offertes de fuir.

Il répondit que fuir était toujours fuir; que peut-être avait-il été

retenu par un faux point d'honneur, mais qu'enfin il avait été retenu.

Si c'était un crime, il l'avouait.

L'interrogatoire se borna là. On voulait de Caracciolo un simple aveu:

cet aveu, il l'avait fait, et, quoique fait avec beaucoup de calme et de

dignité, bien que la manière dont avait répondu Caracciolo _lui eût_,

dit le procès-verbal, _mérité la sympathie des officiers anglais parlant

italien qui avaient assisté à la séance,_ la séance fut close: le crime

était prouvé.

Caracciolo fut reconduit à sa chambre et gardé de nouveau par deux

sentinelles.

Quant au procès-verbal, il fut porté à Nelson par le comte de Thurn.

Nelson le lut avidement; une expression de joie féroce passa sur son

visage. Il prit une plume et écrivit:

_Au commodore comte de Thurn_.

«De par Horace Nelson:

»Attendu que le conseil de guerre, composé d'officiers au service de Sa

Majesté Sicilienne, a été réuni pour juger François Caracciolo sur le

crime de rébellion envers son souverain;

»Attendu que ledit conseil de guerre a pleinement acquis la preuve de ce

crime, et, par conséquent, dans cette conviction, rendu contre ledit

Caracciolo un jugement qui a pour conséquence la peine de mort;

»Vous êtes, par la présente, requis et commandé de faire exécuter ladite

sentence de mort contre ledit Caracciolo, par le moyen de la pendaison,

à l'antenne de l'arbre de trinquette de la frégate _la Minerve_,

appartenant à Sa Majesté Sicilienne, laquelle frégate se trouve sous vos

ordres. Ladite sentence devra être exécutée aujourd'hui, à cinq heures

après midi; et, après que le condamné sera resté pendu, depuis l'heure

de cinq heures jusqu'au coucher du soleil, à ce moment la corde sera

coupée et le cadavre jeté à la mer.

«A bord du _Foudroyant_, Naples, 29 juin 1799.

»HORACE NELSON.»

Deux personnes étaient dans la cabine de Nelson au moment où il rendit

cette sentence. Fidèle au serment qu'elle avait fait à la reine, Emma

resta impassible et ne dit pas une parole en faveur du condamné. Sir

William Hamilton, quoique médiocrement tendre à son égard, après avoir

lu la sentence que venait d'écrire Nelson, ne put s'empêcher de lui

dire:

--La miséricorde veut que l'on accorde vingt-quatre heures aux condamnés

pour se préparer à la mort.

--Je n'ai point de miséricorde pour les traîtres, répondit Nelson.

--Alors, sinon la miséricorde, du moins la religion.

Mais, sans répondre à sir William, Nelson lui prit la sentence des

mains, et, la tendant au comte de Thurn:

--Faites exécuter, dit-il.

La San-Felice, Tome 08, Emma Lyonna, tome 4 · 第 43 / 48 题