Cette feuille, qui a fait le désespoir de Caldas et de beaucoup
d'autres, sert à constater l'arrivée des employés. C'est une simple
feuille volante, enregistrée et timbrée au secrétariat, sur laquelle
un chacun, depuis le sous-chef jusqu'au dernier surnuméraire, doit
apposer sa signature. On l'apporte à dix heures moins le quart dans
les bureaux; à dix heures sonnant elle est enlevée.
Sont présumés manquants, et manquants par leur faute, ceux qui n'ont
pas signé. On relève soigneusement leurs noms sur un état spécial
qu'on transmet à la fin du mois à la caisse du service intérieur.
Chaque absence emporte une amende de dix francs pour la première fois,
de quinze francs pour la récidive, et de vingt francs pour toutes les
autres.
Cette mesure prise, l'administration dormit tranquille.
Mais, hélas! il en est des abus comme de la mauvaise herbe, qu'on
coupe et qui repousse plus vite.
Qu'advint-il? Les employés de l'Équilibre arrivaient avec une
exactitude exemplaire; ils signaient la feuille de présence... et ils
allaient se promener le reste de la journée.