Buenos-Ayres Olavarria 85 433
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Total 1,807 9,520
[9] Le mois de juillet dernier (1882) un entrepreneur Italien, M.
Picasso, a proposé au gouvernement argentin de transporter dans la
République Argentine 500,000 émigrants européens, dont 300,000 pris
dans les pays du nord de l'Europe, et 200,000 dans les pays du sud.
Il emploierait de grands vapeurs propres à cette classe de
transport. Nous ignorons la réponse qu'aura faite le gouvernement.
[10] Depuis la publication de mon travail à Buenos-Ayres, il y a un
an, le gouvernement de Santa Fé, qui occupe toujours la tête du
mouvement de la colonisation, s'est emparé de mon idée, et le mois
d'octobre dernier, il passait un contrat avec M. Calsado, chargé, à
cet effet, de fonder une société anonyme pour la construction d'un
chemin de fer colonial de Rosario à Candelaria; et le 3 juillet
dernier (1882), il est venu demander au congrès, avec l'assentiment
du gouvernement national, une loi de garantie d'un 7 pour cent pour
le capital nécessaire à la construction de cette voie ferrée. Ce
chiffre de garantie est généralement adopté par le gouvernement
argentin pour les constructions des chemins de fer.
[11] La vallée de Rio-Negro, cet autre Nil de l'Amérique du Sud,
s'étend à partir de l'Océan Atlantique du Sud-Est vers le
Nord-Ouest, entre le 39ème et le 41ème degrés de latitude sud, jusqu'à
la confluence des deux fleuves Limay et Neuquen, à environ 170
lieues de la mer. Cette vallée qui tantôt se rétrécit et tantôt
s'élargit jusqu'à la distance de 2 à 6 lieues de largeur, est
couverte d'une végétation splendide: la vigne, le blé et toutes les
céréales y prospèrent et des prairies à herbages vigoureux couvrent
ce terrain d'alluvion déposé chaque année par les crues des eaux du
grand fleuve, le Rio-Negro, formé par les deux grandes rivières le
Limay et le Neuquen.
L'ingénieur français, M. Ebelot, parlant de cette vallée dans un
rapport adressé au gouvernement Barros, s'exprime ainsi:
«La vallée du Rio-Negro court entre deux lignes de coteaux
parallèles; lesquels, tantôt se rapprochent jusqu'à former un
détroit, tantôt s'éloignent à deux lieues du lit du fleuve, et la
vallée alors se présente sous l'aspect d'une prairie ondulée dont le
sol formé de matériaux d'alluvion est d'une grande fertilité.
--Les explorateurs du fleuve Rio-Negro, Delcalsi en 1833, les
colonels Obligado et Guerrico tout récemment, ont confirmé cette
assertion. 2,700 habitants occupent l'entrée de cette vallée,
s'étendant à trente lieues vers l'Ouest jusque vis-à-vis le port
St-Antoine, situé à 11 lieues au Sud de ce point.
[12] Le chiffre de 300,000 francs est la moyenne de la dépense dans la
construction du chemin de fer que le gouvernement national fait
construire entre Mercedes et Mendosa. À mon avis, ce chiffre de
dépenses pourrait être réduit, le terrain de la Pampa offrant les
conditions les plus faciles pour la construction des voies ferrées
et peu de difficultés, sauf les deux Ponts à construire sur le Rio
Cotorado et le Rio Negro, dont on pourrait réserver la construction
pour le compte de l'État.
[13] Nous donnons ici des distances approximatives à quelques lieues
près, à défaut d'une étude exacte des distances qui n'a pas encore
été faite dans cette contrée récemment conquise sur les Indiens. Le
chiffre des distances que nous donnons a été calculé sur les
rapports fournis par les chefs de détachement de l'armée
expéditionnaire de l'année 1879. Ces rapports, insérés dans le grand
ouvrage (itinéraire de la Pampa et du Rio Negro) du colonel
Oloscoaga, chef du bureau topographique de l'expédition, donnent,
outre les distances parcourues, un aperçu géographique de cette
magnifique contrée, parsemée de lacs et de bouquets de grands
arbres, qui n'existent pas dans la Pampa nue de Buenos-Ayres.
Condition heureuse pour une entreprise de chemins de fer qui
trouverait ainsi sur les lieux le bois nécessaire à la construction
d'une voie ferrée sur une plaine peu accidentée où les terrassements
sont faciles à exécuter.
Je dois mentionner aussi les précieux renseignements que m'ont
fournis deux excellents amis, le commandant Alsogaray et le docteur
Astrié.
Le premier a parcouru avec son détachement la ligne entière de
Mercedes à Poitagué et de là quarante lieues plus loin jusqu'au paso
del Noque de la grande rivière le Chalideobu, continuation du Rio
Salado. Le docteur Astrié, Français, du département de l'Ariége, a
parcouru comme médecin du corps du général Uriburu, toute la ligne
qui s'étend au bas des Cordillères, entre le Rio-Neuquen au Sud et
Mendosa au Nord, cent lieues environ. Le docteur Astrié, par son
noble caractère, ses connaissances scientifiques, son généreux
dévouement pour ses compatriotes, honore le nom français dans ces
contrées. Je lui devais ici une manifestation de ma profonde et
sympathique estime. Le docteur Astrié réside à Mercedes. Il est
aujourd'hui médecin en chef du corps d'armée de l'Ouest.
[14] Voir, page 35, l'emploi de ce capital.
[15] «En décembre dernier, 1881, on a vendu pour 20,000 piastres
fortes (100,000 francs) une lieue carrée de terrain, à Juarer,
village situé à cent lieues au sud de la ville de Buenos-Ayres.» Ce
terrain n'aurait pas trouvé d'acheteurs à 1,000 piastres avant la
fondation du village, il y a vingt ans. (_National de Buenos-Ayres_,
du 22 décembre 1881.)
[16] L'énorme quantité d'animaux qui se produit dans ces contrées, est
achetée, par milliers, pour être exploitée dans les nombreux
saladeros, établissements où l'on tue des centaines d'animaux,
chaque jour, pour les dépouiller du cuir et extraire le suif, les
os, etc.
[17] _Dans l'état des dépenses que nous établissons ici, nous avons
pris la moyenne des valeurs. Mais ces valeurs étant variables, il
pourra arriver que le chiffre de 9,500 fr., somme des avances à
faire au colon, se trouve plus élevé ou plus faible que celui qui
sera réellement employé. Dans ce cas, on puisera dans la réserve
assez considérable que nous créons pour couvrir l'insuffisance, et,
dans le cas contraire, d'un excédent, le chiffre de celui-ci
rentrera dans la réserve._
[18] La nécessité d'une Banque Franco-Argentine se fait sentir depuis
longtemps, à Buenos-Ayres, pour le service des grandes affaires
commerciales qui se font entre Paris et la République Argentine, où
l'intérêt usuel des capitaux est de dix et quinze pour cent. Les
Anglais, les Italiens, les Brésiliens, ont déjà fondé des Banques à
Buenos-Ayres avec succès. Les nombreux négociants Parisiens qui font
des affaires importantes avec la République Argentine trouveraient,
dans une institution de cette classe, une puissante ressource pour
leurs opérations commerciales et de grands bénéfices à réaliser;
surtout en ce moment où ce pays marche, à pas de géant, dans la voie
de sa prospérité.
[19] À l'époque où vivait M. Brayer (1840), la vache ne valait que
quinze francs, aujourd'hui son prix est de cinquante à soixante
francs. Cette différence de prix ne change pas la valeur du
rendement, car si la vache a haussé de prix, le produit de l'élève a
haussé dans les mêmes proportions; mille vaches achetées pour
cinquante mille francs produiraient aujourd'hui deux cent mille
francs en six ans.
[20] La lieue argentine équivaut à 5 kilomètres 160 mètres.
La lieue carrée est donc égale à 26 kilomètres carrés 346 mètres.
[21] M. Édouard Olivera est l'Argentin qui a contribué le plus au
progrès immense qu'ont acquis l'agriculture et l'industrie de
l'élève du bétail dans la République Argentine. Ancien élève
distingué de l'école de Grignon, agronome instruit, auteur d'un
ouvrage très intéressant, en deux volumes, ayant pour titre:
_Voyages agricoles en Europe_, organisateur de la grande société,
_le Club Rural Argentin_, fondateur des annales de cette société,
dans lesquelles il a publié plusieurs articles remarquables, M.
Édouard Olivera est appelé à jouer un rôle important dans le
mouvement industriel de son pays. Pour mon compte, je n'oublierai
jamais les agréables et instructifs entretiens que j'ai été assez
heureux d'avoir avec cet homme distingué. La publication en français
de son livre, serait une oeuvre précieuse pour les agronomes et
cultivateurs de l'Europe. Cet ouvrage, écrit en espagnol, est entre
nos mains, nous le mettons à la disposition d'un auteur qui se
chargera de la traduction. Sa publication sera une oeuvre utile, et,
je crois aussi, une bonne spéculation.