L'Esclave

Tel, nu, sordide, affreux, nourri des plus vils mets,

Esclave--vois, mon corps en a gardé les signes--

Je suis né libre au fond du golfe aux belles lignes

Où l'Hybla plein de miel mire ses bleus sommets.

J'ai quitté l'île heureuse, hélas!... Ah! si jamais

Vers Syracuse et les abeilles et les vignes

Tu retournes, suivant le vol vernal des cygnes,

Cher hôte, informe-toi de celle que j'aimais.

Reverrai-je ses yeux de sombre violette,

Si purs, sourire au ciel natal qui s'y reflète

Sous l'arc victorieux que tend un sourcil noir?

Sois pitoyable! Pars, va, cherche Cléariste

Et dis-lui que je vis encor pour la revoir.

Tu la reconnaîtras, car elle est toujours triste.

Les trophées · 第 44 / 151 题