A Maxime NOIRÉ

la sincérité de ce livre.

Je vous dirai ceci:

J’ai vu l’âme et le visage des _Endormies_ sous les voiles musulmans. Je

suis leur amie.

Les _Endormies_ sont aussi des _Enchantées_ dans l’esprit immobile et

ancien, ardent et rétractile, séduisant, instinctif, logique et décevant

de l’Islam féminin.

Je connais le foyer où cet Islam existe, l’intégrité de son ambiance

retardataire, troublée à peine par un souffle d’Occident, jalousement

défendue par les gardiennes de la tradition.

Enfant, j’ai vécu dans celui de la montagne. Ma prédilection, mon

indépendance et le hasard de ma vie m’ont fait pénétrer tour à tour la

tente et l’intimité de la maison arabe.

Ce livre est une suite de feuillets écrits jour après jour, dans la

vérité des choses et des êtres qui sont vivants sous le masque du

pseudonyme. Ceux dont je conte les fins et les agonies sont des morts

d’hier.

Mon seul rôle fut celui du notateur fidèle qui déroule un fil léger pour

relier les épisodes.

Nord-Africaine d’âme musulmane et de cœur gaulois, aux jardins cachés,

aux vergers sauvages ou dans le steppe saharien, je n’ai rien inventé.

Le destin m’a permis d’y cueillir les olives et les figues douces, les

sanguines et les baies épineuses des cactus, les roses violentes sous

les dattiers.

Les voici, à vous offertes, simplement, dans une corbeille d’alfa.

Les endormies · 第 12 / 26 题