À M. LE MARÉCHAL BERNADOTTE, PRINCE DE PONTE-CORVO.

L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal, est que vous disposiez

sur-le-champ, et que vous teniez prêt à marcher, un corps composé d'une

division française, d'une division espagnole et d'une division

hollandaise. Ce corps, d'environ dix-huit mille hommes, se tiendra prêt

à partir pour se rendre en Zélande et en Scanie, et faire diversion avec

un nombre égal de troupes danoises.

L'officier, porteur de cette lettre, doit continuer sa route pour

remettre des dépêches au ministre de l'empereur à Copenhague.

L'intention de Sa Majesté, mon prince, est que vous fassiez partir de

suite un aide-de-camp ou un officier d'état-major de confiance et

intelligent, qui ira s'aboucher avec le ministre de l'empereur à

Copenhague, afin d'aplanir tous les obstacles et assurer les

subsistances.

L'empereur a demandé que le commandement de cette armée combinée vous

soit donné. Une armée russe entre en Finlande, et ce corps que vous

commanderez ferait diversion en faveur de l'armée russe.

Vous direz, dans la lettre que vous écrirez par votre aide-de-camp, que

vous recevez l'ordre de vous porter avec quinze ou vingt mille hommes en

Zélande et en Scanie, où douze à quinze mille Danois doivent passer, et

que votre aide-de-camp ou l'officier que vous enverrez, est chargé

d'assurer le passage et les subsistances.

Vous pouvez ajouter que le gouvernement danois peut retirer toutes les

troupes qu'il a dans le Holstein, afin de pouvoir bien défendre les îles

et renforcer l'armée de Scanie, en observant que, lorsque la bonne

saison arrivera, s'il craignait d'être inquiété par les Anglais, il

pourra demander des troupes françaises, et que l'on en enverra.

Paris, le 3 mars 1808.

Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour. · 第 359 / 456 题