Je vous préviens, monsieur le maréchal, qu'il est possible que
l'expédition anglaise débarque à Stralsund; l'intention de l'empereur
est donc que vous retiriez les troupes qui sont devant Colberg, où vous
ne laisserez que les troupes de Nassau et les Polonais. Vous ferez venir
les Hollandais, les Bavarois et les Espagnols; vous entrerez en
Poméranie, et mettrez le siége devant Stralsund. Vous ferez connaître de
nouveau au général Blücher l'armistice conclu avec le roi de Prusse, et
par cet armistice les troupes prussiennes ne peuvent rien entreprendre;
vous disposerez aussi des Italiens pour renforcer votre armée. Je viens
de donner l'ordre au général Rapp de faire partir de suite le 19e et
le 23e régiment de chasseurs, et le 19e régiment d'infanterie de
ligne, pour se rendre à grandes marches de Dantzig à la hauteur de
Colberg, où ces troupes seront à vos ordres. Vous aurez donc soin de
leur en envoyer.
L'intention de l'empereur, monsieur le maréchal, est que, dans le cas
même où les Anglais, apprenant les suites de la bataille de Friedland,
ne débarqueraient pas, vous ayez toujours à occuper la Poméranie
suédoise. Sa Majesté vous défend d'avoir aucune entrevue avec le roi de
Suède, qui ne se trouve point compris dans les armistices conclus entre
l'empereur Alexandre et le roi de Prusse. Dans votre proclamation en
entrant en Poméranie, vous devez faire connaître que le roi de Suède
vous a proposé de trahir votre patrie et votre souverain. Informez-moi,
monsieur le maréchal, des dispositions que vous aurez faites.
Tilsitt, le 3 juillet 1807.