À SON ALTESSE IMPÉRIALE LE GRAND DUC DE BERG.

L'empereur me charge de vous prévenir, M. le prince, que l'ennemi est en

très-grande force à Friedland; le corps du maréchal Lannes, celui du

maréchal Ney, celui du maréchal Mortier, les divisions Grouchy et

Nansouty sont devant Friedland.

L'intention de Sa Majesté est que vous, M. le prince, et le corps du

maréchal Davoust gardiez bien les débouchés de votre droite, car il

serait possible que la tête des ennemis se présentât pour filer sur

Kœnigsberg.

L'empereur pense que M. le maréchal Soult suffira pour supposer aux

seuls Prussiens qui sont devant Kœnigsberg; Sa majesté désire que vous

manœuvriez de manière à appuyer autant que possible la gauche de votre

corps d'armée qui est en avant de Domnau sur Friedland, avec votre

cavalerie et le corps du maréchal Davoust. Sa Majesté se rend à Domnau.

Ordre de bataille. Au bivouac devant Friedland,

le 14 juin 1807.

Le maréchal Ney prendra la droite; il appuiera à la position actuelle du

général Oudinot. Le maréchal Lannes fera le centre qui commence à la

gauche du maréchal Ney, c'est-à-dire à peu près vis-à-vis le village

Postenem. La partie de la droite que forme actuellement le général

Oudinot, appuiera insensiblement à gauche.

Le maréchal Lannes resserrera les divisions; par ce ploiement, il pourra

se placer sur deux lignes.

La gauche sera formée par le maréchal Mortier, qui n'avancera jamais, le

mouvement devant être fait par notre droite, et devant pivoter sur la

gauche.

Le général Grouchy avec la cavalerie de l'aile gauche, manœuvrera pour

faire le plus de mal possible à l'ennemi, qui, par l'attaque vigoureuse

de notre droite, sentira la nécessité de battre en retraite.

Le général Victor formera la réserve; il sera placé en avant du village

de Postheinen, ainsi que la garde impériale à pied et à cheval.

La division Latour-Maubourg sera sous les ordres du maréchal Ney.

La division Lahoussaye, sous les ordres du général Victor.

L'empereur sera à la réserve au centre.

On doit toujours avancer par la droite, et on doit laisser l'initiative

du mouvement au maréchal Ney, qui doit attendre les ordres de l'empereur

pour commencer.

Du moment que M. le maréchal Ney commencera, tous les canons de la ligne

devront doubler le feu dans la direction de protéger son attaque.

Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour. · 第 295 / 456 题