AU MARÉCHAL MASSÉNA.

Nous avons eu, le 10 et le 11, monsieur le maréchal, deux belles

journées. L'armée ennemie entière a été attaquée et obligée de se

replier devant nous pendant ces deux journées.

Nous avons fait quelques milliers de prisonniers. Les Russes ont

abandonné leur camp retranché de Heilsberg, où ils avaient fait beaucoup

d'ouvrages.

Ils nous ont laissé dans la ville, des magasins; l'armée est ce soir à

Eylau. L'empereur, monsieur le maréchal, désirerait que le général

Gazan, avec la division de dragons, se rendît à Bischofstein, d'où elle

serait en mesure de s'emparer de beaucoup de magasins qu'a l'ennemi sur

la route de Rastenbourg; le général Gazan recevrait d'ailleurs de là des

ordres ultérieurs pour sa destination; mais Sa Majesté, monsieur le

maréchal, me charge de vous dire que ce mouvement, qui serait très-utile

sur la droite de l'armée, est toutefois soumis à vos dispositions, et

qu'il ne doit se faire que dans le cas où cela ne compromettrait pas

Varsovie. Faites faire des réjouissances à votre corps d'armée sur les

succès que nous avons obtenus le 10 et le 11.

Eylau, le 13 juillet 1807, huit heures du matin.

Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour. · 第 286 / 456 题