Bernis promit dix huit mille hommes. _Choiseul en donne cent mille._

_Nulle paix sans Marie-Thérèse._ Seule elle jugera du point où peut

s'arrêter la France, éreintée et épuisée.

Traité naïf, autrichien, sans voile ni précaution. Tout ce que la

France a pris et tout ce qu'elle prendra, _sera pour la seule

Autriche_.

La France aidera à faire Empereur le petit Joseph, futur de notre

petite Isabelle.

Nulle mention des Pays-Bas. Ce grand appât qui charma tant à Babiole,

on n'y songe plus. L'infante étant disgraciée, outragée, enfin

mourante, qu'a-t-on besoin des Pays-Bas? On n'y prend plus intérêt.

S'il y eut un traité secret, Choiseul l'a anéanti[5].

[Note 5: Cela acheva l'Infante. Cette belle, comme

Henriette, sa soeur, quoique beaucoup plus brillante,

avait toujours été malsaine, ce que semblait révéler par

moment un signe commun, une petite gale au front.

Henriette mourut de l'avoir fait rentrer. L'Infante

peut-être de même. En décembre, elle fut prise d'une de

ces maladies putrides qu'on appelait toutes alors

petites véroles. L'éruption se fait mal. En huit jours

elle est foudroyée. On avait grande impatience qu'elle

mourût, fût emportée, de crainte qu'elle n'infectât

tout. Le Roi avait son carrosse, ses chevaux qui

hennissaient; il voulait fuir à Marly. Et tous. Ce fut

une déroute. L'odeur était insupportable. Deux capucins

qui faisaient voeu de se dévouer à ces choses, ne purent

aller jusqu'au bout. L'idole, la galante, la belle,

maintenant l'horreur de tous, fut sans pompe emportée le

soir, jetée à Saint-Denis (_Barbier_, _Hausset_,

etc.).]

Histoire de France 1758-1789 (Volume 19/19) · 第 15 / 84 题