--En quoi donc puis-je vous servir, très estimé prince, car vous
m'avez maintenant... appelé? demanda Lébédeff après un silence.
Le prince ne répondit aussi qu'au bout d'une minute.
--Eh bien! voilà, je voulais vous parler du général, et... de ce vol
dont vous avez été victime...
--Comment? Quel vol?
--Allons! on dirait que vous ne comprenez pas. Ah! mon Dieu, Loukian
Timoféitch, quelle est cette rage de toujours jouer la comédie?
L'argent, l'argent, les quatre cents roubles que vous avez perdus
l'autre jour, dans un portefeuille, et dont vous êtes venu ici me
parler le matin, avant d'aller à Pétersbourg,--avez-vous compris, à
la fin?
--Ah! il s'agit de ces quatre cents roubles, dit d'une voix traînante
Lébédeff, comme si la lumière venait de se faire dans son esprit. Je
vous remercie, prince, de votre sincère intérêt; il est très
flatteur pour moi, mais... je les ai retrouvés, il y a même déjà
longtemps.
--Vous les avez retrouvés! Ah! Dieu soit loué.
--Cette exclamation est d'un cœur noble, car quatre cents roubles ne
sont pas une affaire, pour un pauvre homme qui vit d'un travail pénible
et qui a une nombreuse famille...
--Je ne parle pas de cela! s'écria le prince. Sans doute,--se reprit-il
aussitôt,--je suis bien aise que vous ayez retrouvé votre argent, mais
comment l'avez-vous retrouvé?
--Le plus simplement du monde; il était sous la chaise sur laquelle
j'avais jeté ma redingote; évidemment le portefeuille aura glissé de
la poche sur le parquet.
--Comment, sous la chaise? Ce n'est pas possible, vous m'avez dit que
vous aviez cherché partout, dans tous les coins; comment donc
n'avez-vous pas regardé à l'endroit où il fallait chercher tout
d'abord?
--Le fait est que j'y ai regardé. Je me souviens très bien d'y avoir
regardé! Je me suis traîné à quatre pattes sur le parquet, j'ai
tâté avec les mains à cet endroit, j'ai reculé la chaise, n'en
croyant pas mes propres yeux. Je vois qu'il n'y a rien, la place est
vide, pas plus de portefeuille que sur ma main, et malgré cela je me
remets à tâter. C'est une petitesse dont l'homme est coutumier quand
il veut absolument retrouver quelque chose... quand il a fait une perte
considérable et douloureuse: il voit qu'il n'y a rien, que la place est
vide, mais n'importe, il y regarde quinze fois.
--Oui, soit; mais comment cela se fait-il?... Je ne comprends toujours
pas, murmura le prince abasourdi,--auparavant, dites-vous, il n'y avait
rien là, vous aviez cherché en cet endroit, et tout d'un coup, le
portefeuille s'y est trouvé?
--Oui, il s'y est trouvé tout d'un coup.
Le prince regarda Lébédeff d'un air étrange.
--Et le général? demanda-t-il soudain.
--Comment, le général? questionna Lébédeff, feignant de ne pas
comprendre.
--Ah! mon Dieu, je vous demande ce qu'a dit le général quand vous avez
retrouvé le portefeuille sous la chaise. Précédemment, vous l'aviez
cherché à deux.
--Précédemment, oui. Mais cette fois, je l'avoue, je me suis tu et
j'ai préféré lui laisser ignorer que le portefeuille avait été
retrouvé par moi tout seul.
--Mais... pourquoi donc?... Et l'argent n'avait pas disparu?
--J'ai visité le portefeuille, tout y était, il ne manquait pas un
rouble.
--Vous auriez dû venir me le dire, observa pensivement le prince.
--Je craignais de vous déranger, personnellement, prince, au milieu de
vos impressions personnelles, et, peut-être extraordinaires, si je puis
m'exprimer ainsi. D'ailleurs, moi-même, j'ai fait semblant de n'avoir
rien trouvé. Après m'être assuré que la somme était intacte, j'ai
fermé le portefeuille et je l'ai remis sous la chaise.
--Mais pourquoi donc?
Lébédeff se mit à rire.
--Pour rien; parce que je voulais pousser plus loin mon enquête,
répondit-il en se frottant les mains.
--Ainsi il est encore là maintenant, depuis avant-hier?
--Oh, non! il n'est resté là que vingt-quatre heures? Voyez-vous,
jusqu'à un certain point, je désirais que le général le trouvât
aussi. Car, me disais-je, si j'ai fini par le découvrir, pourquoi le
général n'apercevrait-il pas aussi un objet qui, pour ainsi dire,
saute aux yeux, qu'on voit parfaitement sous la chaise? Plusieurs fois
j'ai pris cette chaise et je l'ai changée de place afin que le
portefeuille fût tout à fait en évidence, mais le général ne l'а
pas remarqué, et cela a duré vingt-quatre heures. Il est clair qu'à
présent le général est fort distrait, c'est à n'y rien comprendre;
il cause, il raconte des histoires, il rit, et tout d'un coup il se
fâche contre moi, sans que je sache pour quel motif. Finalement, nous
sommes sortis de la chambre; j'ai laissé exprès la porte ouverte; il
était ébranlé tout de même; il voulait dire quelque chose,
apparemment; il craignait pour un portefeuille contenant une si forte
somme; mais soudain il s'est mis en colère et n'a rien dit; à peine
avions-nous fait deux pas dans la rue qu'il ma planté là et est allé
d'un autre côté. Le soir seulement nous nous sommes retrouvés au
traktir.
--Mais, à la fin, vous avez repris votre portefeuille?
--Non, cette nuit même il a disparu de dessous la chaise.
--Alors, où est-il donc maintenant?
À ces mots Lébédeff se dressa brusquement de toute sa taille et
regarda le prince d'un air jovial:
--Mais ici, répondit-il en riant,--il s'est trouvé tout d'un coup ici
dans le pan de ma propre redingote. Tenez: regardez; regardez
vous-même; tâtez.
En effet, dans la poche gauche de la redingote, par devant, s'était
formé de la façon la plus apparente une sorte de sac où, au toucher,
on pouvait tout de suite reconnaître la présence d'un portefeuille en
cuir, qui, sans doute, passant à travers une poche trouée, avait
glissé entre la doublure et l'étoffe du vêtement.
--Je l'ai retiré pour le visiter, les quatre cents roubles étaient
encore au complet. Je l'ai remis à la même place et depuis hier matin
je le porte ainsi dans le pan de ma redingote; je me promène avec; il
me bat les jambes.
--Et vous ne remarquez rien?
--Et je ne remarque rien, hé, hé, hé! Et figurez-vous, très estimé
prince,--quoique le sujet ne mérite pas d'attirer si particulièrement
votre attention,--mes poches sont toujours en bon état, et tout d'un
coup, en une nuit, un pareil trou! J'ai voulu me rendre compte et, en
examinant la déchirure, il m'a semblé que quelqu'un avait dû faire
cela avec un canif; c'est presque invraisemblable!
--Et le général?
--Hier, il n'a pas décoléré de toute la journée, et aujourd'hui
c'est la même chose, il est de très mauvaise humeur. Par moments, il
manifeste une gaieté bachique ou une sensibilité larmoyante, puis,
tout d'un coup, il se fâche au point de m'effrayer positivement! Moi,
prince, après tout, je ne suis pas un homme de guerre! Hier, nous
étions ensemble au traktir; voilà que, comme par hasard, le pan de ma
redingote apparaît en évidence avec son gonflement insolite, le
général me fait la mine, se fâche. Depuis longtemps, déjà, il ne me
regarde plus en face, si ce n'est quand il est très pris de boisson ou
très attendri; mais hier; il m'a regardé deux fois d'une telle façon
que j'en ai eu froid dans le dos. Du reste, demain, j'ai l'intention de
retrouver le portefeuille; mais d'ici là je passerai encore une petite
soirée avec lui au traktir.
--Pourquoi le tourmentez-vous ainsi? cria le prince.
--Je ne le tourmente pas, prince, je ne le tourmente pas, répliqua avec
chaleur Lébédeff,--je l'aime sincèrement et... je l'estime; à
présent, vous le croirez ou vous ne le croirez pas, il m'est devenu
plus cher que jamais; j'ai commencé à l'apprécier encore plus
qu'auparavant!
Ces mots furent prononcés d'un ton si sérieux et avec une telle
apparence de sincérité que le prince ne put les entendre sans
indignation.
--Vous l'aimez, et vous le faites souffrir ainsi! Voyons, il s'est
arrangé de façon à vous faire retrouver l'objet perdu; pour attirer
votre attention sur ce portefeuille il l'a placé sous une chaise et
dans votre redingote; par cela il vous montre bien qu'il ne veut pas
ruser avec vous, mais qu'il vous prie ingénument de lui pardonner,
écoutez: il demande pardon! Par conséquent il compte sur la
délicatesse de vos sentiments; par conséquent, il croit à votre
amitié pour lui. Et vous réduisez à un tel abaissement un si honnête
homme!
--Très honnête, prince, très honnête, répéta Lébédeff dont les
yeux étincelaient,--et vous seul, très noble prince, étiez capable de
dire un mot si juste! Pour cela, je vous suis tout dévoué jusqu'à
l'adoration, quelque pourri de vices que je sois! C'est décidé! Je
vais retrouver le portefeuille tout maintenant, à l'instant même, et
pas demain; voilà aussi tout l'argent; tenez, prenez-le, très noble
prince, et gardez-le jusqu'à demain. Demain ou après-demain, je le
reprendrai.
--Mais faites attention, n'allez pas de but en blanc lui jeter au nez
que vous avez retrouvé le portefeuille. Qu'il voie seulement que le pan
de votre redingote ne contient plus rien et il comprendra.
--Oui? Ne vaut-il pas mieux lui dire que je l'ai retrouvé et faire
comme si jusqu'alors je ne m'étais douté de rien?
--N-non, dit le prince en réfléchissant, n-non, maintenant il est trop
tard; ce serait plus dangereux; vraiment vous feriez mieux de ne rien
dire. Et soyez gentil avec lui... mais... n'ayez pas trop l'air... et...
vous savez...
--Je sais, prince, je sais, c'est-à-dire, je sais que j'aurai bien du
mal à exécuter ce programme; car il faut pour cela avoir un cœur
comme le vôtre. D'ailleurs moi-même, je suis vexé à présent, il le
prend parfois de trop haut avec moi; il m'embrasse en sanglotant et puis
tout d'un coup il se met à m'humilier, il m'accable de railleries
méprisantes; allons, je prendrai le portefeuille et j'étalerai exprès
le pan de ma redingote sous les yeux du général, hé hé! Au revoir,
prince, car évidemment je vous dérange, je vous distrais de sentiments
très intéressants, si je puis ainsi parler...
--Mais pour l'amour de Dieu, silence comme par le passé!
À la sourdine, à la sourdine!
Quoique l'affaire fût finie, le prince resta plus silencieux qu'il ne
l'avait été auparavant. Il attendit impatiemment l'entrevue qu'il
devait avoir le lendemain avec le général.
[Footnote 1: Que le fin lettré Marcel Schwob tenait pour le chef-d'oeuvre
de Dostoïevsky.]
[Footnote 2: Une version soi-disant complète des _Frères Karamazov_ a
été donnée depuis (1906) à la librairie Charpentier, par les soins
de MM. Bienstock et Torquet.]
[Footnote 3: Du moins, il ne resterait plus à traduire que quelques
nouvelles sans importance. Peut-être nous saura-t-on gré de donner ici
le catalogue des traductions; les voici, par ordre chronologique de
production:
_Les Pauvres Gens_ (1844). Trad. Victor DERÉLY. Plon et Nourrit,
1888.--_Le Double_ (1846). Trad. BIENSTOCK et WERTH. Mercure, 1906.--_La
Femme d'un autre_ (1848) (et quelques nouvelles). Trad.
HALPÉRINE-KAMINSKY et Ch. MORICE. Plon, 1888.--_Les Etapes de la Folie_
(_Un cœur faible_, 1848). Trad. HALP.-KAMINSKY. Perrin, 1891.) _Le
Voleur honnête_ (1848). Trad. 1892.--_Nétotschka Neswanowa_ (1848).
Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY. Lafitte, 1914.--_Âme d'enfant_ (1849). Trad.
HALP.-KAMINSKY. Flammarion, 1890.--_Carnet d'un inconnu_ (Stepanchikovo,
1858). Trad. BIENSTOCK et TORQUET. _Mercure_, 1905.--_Le Rêve de
l'oncle_ (1859). Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY. Plon, 1895.--_Souvenirs de
la maison des morts_ (1859-1862). Trad. NEYROUD, Plon, 1886.--_Humiliés
et offensés_ (1861). Trad. HUMBERT. Plon, 1884.--_L'Esprit souterrain_
(1864). Trad. HALP.-KAMINSKY et Ch. MORICE. Plon, 1886.--_Le Joueur et
les Nuits blanches_ (1848-1867). Trad. HALP.-KAMINSKY, Plon,
1887).--_Crime et châtiment_ (1866). Trad. Victor DERÉLY. Plon,
1884.--_L'Idiot_ (1868). Trad. Victor DERÉLY. Plon, 1887.--_L'Éternel
Mari_ (1869). Trad. Mme HALPÉRINE-KAMINSKY. Plon, 1896.--_Les
Possédés_ (1870-1872). Trad. Victor DERÉLY. Pon, 1886.--_Le Journal
d'un écrivain_ (1876-1877). Trad. BIENSTOCK et J.-A. NAU.
Charpentier-Fasquelle, 1904.--_L'Adolescent_ (1875). Trad. BIENSTOCK et
FENÉON. _Revue blanche_ (Fasquelle), 1902.--_Noël russe_ (1876). Trad.
CRZYROWKI. Prudhomme, à Châteaudun, 1894.--_Les Frères Kamarazov_
(1870-1880). I. Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY et Ch. MORICE. Plon, 1888; II.
Trad. BIENSTOCK et TORQUET. Charpentier, 1906.
Ont paru à part: «Les Précoces», extrait des _Frères Karamazov._
Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY. Havard, 1889; Flammarion, 1897.--«Krotkaia»,
extrait du _Journal d'un écrivain._ Trad. HALP.-KAMINSKY. Plon,
1886. (Liste arrêtée en 1908.)]
[Footnote 4: C'est pourquoi nous nous conformerons, dans toutes nos
citations, au texte de M. Bienstock, espérant que gaucheries,
incorrections même--assez gênantes parfois--imitent de leur mieux
celles du texte russe. Cela soit dit d'ailleurs sous toutes réserves.]
[Footnote 5: Il peut nous paraître (dit celui-ci) et surtout après un
regard jeté sur la correspondance intime de Dostoïevsky, qu'Anna
Grigorievna, veuve du poète, et André Dostoïevsky, frère cadet du
poète, aient été mal conseillés dans le choix des lettres qu'ils ont
livrées à la publicité, et que, sans nuire en rien à la discrétion,
ils eussent avantageusement remplacé par quelques lettres plus intimes
maintes lettres qui ne traitent que de la question d'argent.--Il
n'existe pas moins de quatre cent soixante-quatre lettres de
Dostoïevsky à Anna Grigorievna, sa seconde femme, dont aucune n'a
été encore livrée au public.]
[Footnote 6: Pour épais que soit ce volume, il eût pu l'être, il eût
dû l'être davantage. Nous déplorons que M. Bienstock n'ait pas pris
soin de réunir aux lettres offertes d'abord au public celles parues
depuis dans diverses revues. Pourquoi, par exemple, ne donne-t-il que la
première des trois lettres parues dans la _Niva_ (avril 1898)? Pourquoi
pas la lettre du 1er décembre 1856 à Vrangel--du moins les fragments
qui en ont été donnés, où Dostoïevsky raconte son mariage et
manifeste l'espoir d'être guéri de son hypocondrie par le
bouleversement heureux de sa vie? Pourquoi pas surtout l'admirable
lettre du 22 février 1854, importante entre toutes, parue dans la
_Rousskaia Starina_ et dont la traduction (Halpérine et Ch. Morice) a
paru dans _la Vogue_ du 12 juillet 1886? Et si nous le félicitons de
nous avoir donné en supplément de ce volume la _Requête a
l'empereur_, les trois préfaces de la revue _Vremia_, cet indigeste
_Voyaqe à l'étranger_, où se lisent quelques passages intéressant
particulièrement la France, et le très remarquable _Essai sur la
bourgeoisie_,--pourquoi n'y a-t-il pas joint le pathétique plaidoyer:
_Ma défense_, écrit lors de l'affaire Petrachevsky, paru en Russie il
y a huit ans, et dont la traduction française (Fréd. Rosenberg) a
été donnée par la _Revue de Paris?_ Peut-être, enfin, quelques notes
explicatives, de-ci de-là, eussent-elles aidé la lecture, et
peut-être quelques divisions expliquant d'époque en époque, parfois,
les longs intervalles de silence.]
[Footnote 7: «Oh! mon ami! Elle m'aimait infiniment et je l'aimais de
même; cependant nous ne vivions pas heureux ensemble. Je vous
raconterai tout cela quand je vous verrai; sachez seulement que, bien
que très malheureux ensemble (à cause de son caractère étrange,
hypocondriaque et maladivement fantasque), nous ne pouvions cesser de
nous aimer. Même plus nous étions malheureux, plus nous nous
attachions l'un à l'autre. Quelque étrange que cela paraisse, c'est
ainsi.» (Lettre à Vrangel après la mort de sa femme.)]
[Footnote 8: «Pour défendre les idées qu'il croyait avoir», dit M. de
Vogüé.]
[Footnote 9: Durant ses quatre années de bagne, Dostoïevsky était
resté sans nouvelles des siens;--le 22 février 1854, dix jours avant
son élargissement, il écrivait à son frère la première des lettres
de Sibérie dont nous avons connaissance, cette lettre admirable que je
regrette de ne pas trouver dans le recueil de M. Bienstock: «Je puis
enfin causer avec toi plus longuement, plus sûrement aussi, il me
semble... Mais avant tout, laisse-moi te demander, au nom de Dieu,
pourquoi tu ne m'as pas encore écrit une seule ligne. Je n'aurais
jamais cru cela! Combien de fois, dans ma prison, dans ma solitude,
ai-je senti venir le véritable désespoir en pensant que, peut-être,
tu n'existais plus; et je réfléchissais durant des nuits entières au
sort de tes enfants, et je maudissais la destinée qui ne me permettait
pas de leur venir en aide... Se pourrait-il qu'on t'eût défendu de
m'écrire? Mais cela est permis! Tous les condamnés politiques
reçoivent ici plusieurs lettres par an... Mais je crois avoir deviné
la véritable cause de ton silence: c'est ton apathie naturelle...»]
[Footnote 10: Lettre à Mikhaïl, du 22 février 1854, non donnée par
Bienstock.]
[Footnote 11: Préface à la revue l'_Époque_, donnée par Bienstock en
supplément à la correspondance.]
[Footnote 12: Je l'extraie d'un «Essai sur la bourgeoisie», chapitre
d'un _Voyage a l'étranger_, que M. Bienstock a fort bien fait de
publier avec la traduction de cette correspondance.]
[Footnote 13: Article écrit avant la représentation du drame de Jacques
Copeau et J. Croué, d'après le roman de Dostoïevsky.]
[Footnote 14: _L'Idiot_, II, pp. 193-194.]
[Footnote 15: Parues à _la Revue hebdomadaire._]
_Je n'ai pas cru devoir récrire ces causeries dont le texte fut établi
d'après la 'sténographié qui en fut prise,--quelque peu retouchée
de-ci de-là. J'aurais craint, en les remaniant, de leur imposer moins
de tenue que je ne leur eusse enlevé de naturel._]
[Footnote 16: _Adolescent_, p. 3.]
[Footnote 17: _Ibid._, p. 303.]
[Footnote 18: _Correspondance_, p. 449.]
[Footnote 19: _Ibid._, p. 94.]
[Footnote 20: _Ibid._, p. 101.]
[Footnote 21: Seizième partie de l'archine qui est de 1 m. 40.]
[Footnote 22: Soupe à la choucroute aigre.]
[Footnote 23: Gruau cuit.]
[Footnote 24: V. _Correspondance_ (trad. BIENSTOCK), _Mercure de France._]
[Footnote 25: Une traduction de ce chapitre a paru depuis dans la
_Nouvelle Revue française_ (juin et juillet 1922). Édité depuis: _la
Confession de Stavroguine_ (Plon-Nourrit).]
[Footnote 26: _Possédés_, I, p. 197.]
[Footnote 27: _Ibid._, p. 201.]
[Footnote 28: _Adolescent_, p. 371.]
[Footnote 29: _Sous-sol_, pp. 71, 72 et 73 (l'Esprit souterrain).]
[Footnote 30: Le _Sous-sol_, p 74 et 75.]
[Footnote 31: «Le génie russe, dit M. de Schlœzer dans la _Nouvelle
Revue française_ de février 1922, et c'est une de ses caractéristiques
les plus essentielles, si téméraire qu'il soit, s'appuie toujours
sur le fait concret, sur la réalité vivante; il peut se lancer
ensuite dans les spéculations les plus abstraites, les plus osées,
mais c'est pour revenir finalement, riche de toute la pensée
acquise, à cette réalité, au fait, son point de départ et son
achèvement.»]
[Footnote 32: Tel Lébédeff dans _l'Idiot_; voir en particulier à
l'Appendice § II l'admirable chapitre où Lébédeff s'amuse à
torturer le général Ivolguine.]
[Footnote 33: _Les Possédés_, II, p. 227.]
[Footnote 34: _L'Adolescent_, p. 557.]
[Footnote 35: _Possédés_, II, p. 218.]
[Footnote 36: Dans la traduction allemande, _begrunden._]
[Footnote 37: _Un adolescent_, p. 240.]
[Footnote 38: _Journal d'un écrivain_, pp. 99 et 100.]
[Footnote 39: _Ibid_, pp. 294 et suiv., 450-451. (_Une
affaire simple, mais compliquée._)]
[Footnote 40: _Mercure_, août 1898. p. 371.]
[Footnote 41: _Nouvelle Revue française_, 1er février 1922.]
[Footnote 42: _Ibid._]
[Footnote 43: _Ibid._]
[Footnote 44: _Crime et châtiment_, II, p. 152.]
[Footnote 45: _L'Adolescent_, p. 232. (Mais la citation que voici, je la
fais d'après la traduction allemande, plus complète.) V. également
Appendice § I.]
[Footnote 46: _Adolescent_, p. 552. Et encore: «Versiloff ne tendait
vers aucun but défini. Une bourrasque de sentiments contraires
désemparait sa raison. Je ne crois pas en l'espèce à un cas de folie
proprement dite,--d'autant moins qu'aujourd'hui, il n'est nullement fou.
Mais le «sosie» je l'admets, et le livre récent d'un spécialiste me
confirme dans cette manière de voir... Le «sosie» marque le premier
degré d'un grave dérangement d'esprit qui peut mener à une fin assez
lamentable» (_Adolescent_, p. 607). Mais ici nous rejoignons les cas de
clinique dont je parlais plus haut.]
[Footnote 47: _Possédés_, II, 47. «Il y a dans tout homme, à toute
heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers
Satan», lisons-nous également dans Baudelaire (_Journaux intimes_, p.
57).]
[Footnote 48: _Possédés_, II, p. 218.]
[Footnote 49: _Morceaux choisis_, pp. 102 et 103.]
[Footnote 50: _L'Idiot_, II, pp. 355 et 356.]
[Footnote 51: _Ibid._, II, p. 266.]
[Footnote 52: _L'Adolescent_, p. 285.]
[Footnote 53: _Correspondance_, p. 319.]
[Footnote 54: _L'Éternel Mari_, p. 7.]
[Footnote 55: _Ibid._, p. 51.]
[Footnote 56: _L'Éternel mari_, рр. 104, 105.]
[Footnote 57: Vauvenargues, Maxime 39, Œuvres, p. 377.]
[Footnote 58: _L'Éternel Mari_, pp. 92 et 93.]
[Footnote 59: _Ibid._, pp. 160 et 161.]
[Footnote 60: _Ibid._, pp. 162, 163 et 164.]
[Footnote 61: _Ibid._, p. 172.]
[Footnote 62: _Ibid._, p, 172.]
[Footnote 63: _Ibid._, p. 174.]
[Footnote 64: SCHOPENHAUER, _le Monde comme volonté et comme
représentation_, t. Ier, pp. 566 et 567 (traduction de J.-A.
CANTACUZÈME).]
[Footnote 65: _L'Adolescent_, p. 78.]
[Footnote 66: _Ibid._, p. 145.]
[Footnote 67: _Idiot_, p. 298.]
[Footnote 68: _Possédés_, II, p. 256.]
[Footnote 69: Traduit de l'anglais.]
[Footnote 70: _Les Possédés_, I, pp. 257-258.]
[Footnote 71: _Les Possédés_, II, p. 336.]
[Footnote 72: _Crime et châtiment_, I, pp. 309 et 310.
Remarquez ici, eu passant, que malgré cette profession, Raskolnikoff
est demeuré croyant.
«--Croyez-vous en Dieu? Pardonnez-moi cette curiosité.
«--J'y crois, répéta le jeune homme en levant les yeux sur
Porphyre.
«--Et... à la résurrection de Lazare?
«--Oui. Pourquoi me demandez-vous tout cela?
«--Vous y croyez littéralement?
«--Littéralement.» (_Crime et châtiment_, I, p. 312.) En quoi
Raskolnikoff diffère des autres surhommes de Dostoïevsky.]
[Footnote 73: _Crime et châtiment_, II, p. 163.]
[Footnote 74: _Ibid._, p. 164.]
[Footnote 75: _Ibid._, p. 272.]
[Footnote 76: _Ibid._, II, pp. 10 et 24.]
[Footnote 77: _Possédés_, II, p. 222.]
[Footnote 78: _Possédés_, p. 223.]
[Footnote 79: _Ibid._, p. 230.]
[Footnote 80: _Ibid._, II, p. 232.]
[Footnote 81: Voir _Correspondance_, p. 283.]
[Footnote 82: _Possédés._]
[Footnote 83: _Crime et châtiment_, I, p. 20.]
[Footnote 84: _Karamazov_, III, p. 3 (d'après la traduction allemande).]
[Footnote 85: _Possédés_, I, pp. 256, et suiv.]
[Footnote 86: _Ibid._, I, p. 258.]
[Footnote 87: _Ibid._, I, p. 148.]
[Footnote 88: _Ibid._, II, p. 303.]
[Footnote 89: _Morceaux choisis_, p. 101, § 1er.]
[Footnote 90: M. Binet-Sanglé est l'auteur d'un livre impie qu'il a
intitulé: _la Folie de Jésus-Christ_, où il tend à nier l'importance
du Christ et du christianisme, en prouvant que le Christ était fou,
qu'il avait une tare physiologique.]
[Footnote 91: _Possédés_, II, p. 332.]
[Footnote 92: _Ibid._, II, pp. 83 et 84.]
[Footnote 93: _Ibid._, II, p. 85.]
[Footnote 94: _Ibid._, II, p. 284.]
[Footnote 95: _Ibid._, II, pp. 334, 336 et 337.]
[Footnote 96: _Ibid._, II, pp. 337.]
[Footnote 97: _Ibid._, II, p. 339.]
[Footnote 98: _Correspondance_, p. 540.]
[Footnote 99: _L'Adolescent_, p. 509.]
[Footnote 100: _Ibid._, p, 511.]
[Footnote 101: _Possèdes_, I pp. 274, 275, 270.]
[Footnote 102: «La population des îles de l'Océanie se meurt, parce
qu'elle n'a plus un ensemble d'idées rectrices de ses actions, une
commune mesure pour juger ce qui est bien ou mal.» RECLUS, Géographie,
XIV, p. 931.]
[Footnote 103: _Possédés_, II, p. 74.]
[Footnote 104: _Ibid._, p. 97.]
[Footnote 105: _Éternel Mari_, p. 177.]
[Footnote 106: De _l'Adolescent_, p. 22.]
[Footnote 107: _L'Idiot_, II, pp. 228 et suiv.]