«Munich, le 5 février 1806.
«Je ne vois point d'inconvénient, général, à ce que, du moment où vous
serez instruit officiellement par le commissaire de Sa Majesté, le
général Lauriston, que nos troupes sont en possession de l'Istrie et de
la Dalmatie, vous évacuiez Trieste, le comté de Goritz et toute la
partie des États de l'empereur d'Allemagne où vous avez des troupes,
pour entrer dans le Frioul. Mais, comme je vous l'ai mandé, vous aurez
soin d'avoir une avant-garde à Monfalcone et d'occuper Udine, afin de
faciliter votre communication avec l'Istrie et la Dalmatie.
«J'aurais désiré que vous eussiez joint au travail que vous m'avez
envoyé pour la Légion d'honneur les pièces à l'appui, c'est-à-dire les
demandes faites par les corps, ces états devant être annexés au travail
général.»
«_P.S._ Du moment que vous serez dans le pays vénitien, vous devrez
rendre compte des ordres que vous recevrez de moi à Son Altesse le
prince Eugène Napoléon; mais, comme je vous le dis, occupez Monfalcone
et Udine.
«J'ai des nouvelles de l'Empereur du 30. Sa Majesté se portait bien.
«J'évacuerai successivement les États d'Autriche, aux termes fixés par
le traité: du reste, rien de nouveau.»