«Schoenbrunn, le 31 décembre 1805.
«L'Empereur, général, a donné des ordres directs au général Songis pour
évacuer beaucoup d'artillerie sur Palmanova.
«Il paraît que vous vous trouvez contrarié par le départ de l'artillerie
batave.
«Vous ne devez renvoyer de chevaux bataves que ce qui sera strictement
nécessaire pour mener l'artillerie: s'il y a des chevaux haut-le-pied,
gardez-les, et nous en compterons ensuite avec la République batave.
«Employez sur-le-champ tous les chevaux de votre artillerie, tous ceux
que vous pourrez avoir par réquisition pour faire sortir le plus tôt
possible de la Styrie l'artillerie et les fusils envoyés par le général
Songis (quand je dis les fusils, il n'y aura aucun embarras à leur
égard, puisqu'ils vont par la voie du commerce). Pour vous donner plus
de temps, je n'ai point encore fait l'échange des ratifications: il
n'aura lieu que demain. Ainsi calculez que vous aurez encore dix jours
pour évacuer la Styrie; mais vous ne devez commencer aucun mouvement
sans un ordre de moi.
«C'est dans la Carinthie et à Trieste que je vous laisserai, jusqu'au
moment où les Autrichiens nous auront cédé la Dalmatie et l'Istrie: vous
recevrez une instruction à cet égard demain ou après.
«Il résulte du traité que les troupes françaises doivent évacuer la
Styrie dix jours après l'échange des ratifications, et que nous devons
évacuer, dans deux mois, la Carinthie et la Carniole pour la partie
occupée par vos troupes ou par celles du maréchal Masséna; et le
maréchal Masséna n'aura sûrement pas fait évacuer Trieste que ses
troupes n'aient été relevées par les vôtres. Écrivez-lui à cet égard.
«Ma précédente lettre n'était pas claire, n'ayant pas encore vu le
traité; mais celle-ci vous met au fait.
«En résumé, quand vous aurez reçu l'ordre d'évacuer toute la Styrie,
vous mettrez vos troupes dans la partie de la Carniole et de Carinthie
que nous occupons, et surtout à Trieste, afin de gêner tellement les
Autrichiens, qu'ils nous proposent de nous mettre en possession de
l'Istrie et de la Dalmatie avant les deux mois de rigueur, et alors je
consentirai à évacuer la Carniole et la Carinthie du même jour où ils
céderont l'Istrie et la Dalmatie; mais, dans ce moment, il est question
de faire promptement traverser la Styrie à l'artillerie que vous envoie
le général Songis.»