BERTHIER À MARMONT.

«Ettlingen, le 2 octobre 1805.

«Je vous envoie, général, un croquis qui vous fera connaître la

direction que prennent dans leur marche les différents corps d'armée.

«L'Empereur compte que, d'après ses intentions, que je vous ai fait

connaître ainsi qu'à M. le maréchal Bernadotte, vous vous serez mis en

marche aujourd'hui, d'après les ordres et la direction que vous aura

donnés ce maréchal.

«Tous les corps de l'armée se mettent également en mouvement, et passent

le Necker.

«J'écris à M. le maréchal Bernadotte qu'ayant dû voir, par la

proclamation qui lui a été adressée, ainsi qu'à vous, que nous sommes en

pleine guerre, il doit attaquer tout ce qui se rencontrera devant lui,

et que, dans tous ces mouvements, vous devez maintenir votre

communication avec M. le maréchal Davoust.

«Je l'informe que l'Empereur sera ce soir à Stuttgard; que Sa Majesté

suivra ainsi le mouvement des deux corps de droite, parce qu'il serait

possible que l'ennemi voulût déboucher par Ulm.

«Le corps qui a débouché de la Bohême sur la Rednitz n'est composé que

d'un ou de deux régiments de cavalerie, et de quelques bataillons

d'infanterie.

«Si l'ennemi passait le Danube pour se porter sur M. le maréchal

Bernadotte, l'intention de Sa Majesté est qu'il l'attaque et que vous

mainteniez toujours votre communication. Dans ce cas, toute l'armée

ferait un mouvement sur les deux premiers corps.

«Du moment où notre droite aura passé Heidenheim, l'Empereur se portera

de sa personne aux deux premiers corps d'armée, dont Sa Majesté sera

fort aise de voir les troupes.

«Il n'est point dans l'intention de l'Empereur de faire des magasins,

excepté ceux qu'il fait préparer en cas d'événement. L'armée doit vivre

par réquisition, en laissant des bons en règle que l'Empereur fera

rembourser.

«Tous les pays qui sont amis de l'Autriche sont nos ennemis et doivent

être traités ainsi. Je vous en enverrai la note; et, dans ce moment, il

faut s'occuper d'écraser les Autrichiens avant l'arrivée des Russes.

«Je pense que vous avez eu, du gouvernement batave, la solde de votre

armée pour tout le mois de vendémiaire.

«Quant aux troupes du landgrave de Hesse-Darmstadt que vous deviez

avoir, vous ne devez pas y compter pour le moment.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (2/9) · 第 57 / 99 题