LE MINISTRE DE LA GUERRE À MARMONT.

«Paris, le 15 mai 1804.

«J'ai rendu compte au premier consul, citoyen général, de la situation

dans laquelle j'ai trouvé l'armée que vous commandez. Je lui ai dit

qu'en trois mois vous avez fait tout ce qu'on devait attendre de celui

qui, avec des qualités distinguées, avait été à la grande école de

Bonaparte.

«Il savait qu'à votre arrivée vous n'aviez rien trouvé de disposé pour

l'expédition.

«Je lui ai fait connaître que la flottille du Texel était prête à mettre

à la voile; qu'une division de troupes bataves bien organisée occupait

Alkmaër et Harlem, et que j'avais été satisfait de son instruction; que

la division française aux ordres du général Boudet, occupant Utrecht,

était également bien instruite et disciplinée; que celle qui est dans

Arnhem, aux ordres du général Grouchy, offrait des résultats également

satisfaisants, et que j'y avais surtout remarqué la précision des

manoeuvres du 24e régiment; qu'enfin la cavalerie, aux ordres du général

Guérin, méritait les mêmes éloges.

«Je lui ai présenté le sort du soldat amélioré par vos soins, des salles

de convalescents établies, les casernes assainies, les subsistances

meilleures, et les hôpitaux mieux tenus. Je lui ai fait connaître aussi

l'enthousiasme avec lequel l'armée à vos ordres s'est unie au voeu du

peuple qui porte Napoléon à la magistrature suprême de l'Empire, en

établissant l'hérédité dans sa famille. Il a éprouvé la jouissance la

plus vive en voyant l'armée pénétrée de reconnaissance pour la

sollicitude qu'il a montrée à tout ce qui intéresse son bien-être et sa

gloire.

«Le premier consul, citoyen général, me charge de vous témoigner sa

satisfaction particulière: vous transmettrez les mêmes sentiments aux

officiers et soldats.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (2/9) · 第 39 / 99 题