29 décembre.--Nous voici de retour à Bagdad.

La ville, éclairée aux rayons du soleil couchant et noyée dans les

légères brumes d'or qui s'élevaient du sol jusqu'aux verts panaches des

palmiers, ne m'avait jamais paru plus radieuse et plus belle. Combien

Babylone devait être majestueuse quand ses monuments gigantesques, ses

jardins suspendus, ses palais merveilleux, ses murs et ses portes

d'airain se présentaient aux yeux surpris des voyageurs!

La ville de Nabuchodonosor est redevenue poussière; quel sort l'avenir

réserve-t-il à la cité des califes? Elle est bien déchue depuis les

jours où ses premiers souverains s'élançaient à la conquête du monde et

portaient leur étendard triomphant jusqu'à Grenade et à Cordoue!

Sa destruction et sa ruine définitives sont-elles prochaines? Je ne le

souhaiterai pas, mais je m'arrêterai à un moyen terme: qu'Allah balaye

les valys, les magistrats, les douaniers et toute la vermine

administrative accumulée derrière ses murs, qu'il protège ses gracieux

édifices et qu'il ne les confonde pas dans le néant avec tant d'autres

merveilles que leur grandeur et leur solidité semblaient devoir

préserver des atteintes du temps, le plus terrible et le plus inexorable

des dieux!

[Illustration: VUE PRISE A BAGDAD AU BORD DU TIGRE.]

[Illustration: LE TIGRE A AMARA. (Voyez p. 634.)]

La Perse, la Chaldée et la Susiane · 第 48 / 155 题