Giulio MAZARINI, cardinal, premier ministre, d’une ancienne famille
de Sicile transplantée à Rome, fils de Pietro Mazarini et d’Hortenzia
Bufalini, né en 1602; employé d’abord par le cardinal Sacchetti. Il
arrêta les deux armées française et espagnole prêtes à se charger
auprès de Casal, et fit conclure la paix de Quérasque, en 1631.
Vice-légat à Avignon, et nonce extraordinaire en France en 1634. Il
apaisa les troubles de Savoie, en 1640, en qualité d’ambassadeur
extraordinaire du roi. Cardinal en 1641, à la recommandation de Louis
XIII. Entièrement attaché à la France depuis ce temps-là. Admis
au conseil suprême, le 5 décembre 1642, sous le nom de _spécial
conseiller_. Il y prit place au-dessus du chancelier. Déclaré seul
conseiller de la reine régente pour les affaires ecclésiastiques, par
le testament de Louis XIII. Parrain de Louis XIV avec la princesse
de Condé-Montmorenci. Il se désista d’abord de la préséance sur les
princes du sang, que le cardinal de Richelieu avait usurpée; mais il
précédait les maisons de Vendôme et de Longueville: après le traité
des Pyrénées, il prit le pas en lieu tiers sur le grand Condé. Il
n’eut point de lettres patentes de premier ministre, mais il en fit
les fonctions. On en a expédié pour le cardinal Dubois. Philippe
d’Orléans, petit-fils de France, a daigné en recevoir après sa régence.
Le cardinal de Fleuri n’a jamais eu ni la patente, ni le titre. Le
cardinal Mazarin, mort en 1661.