Barberini, URBAIN VIII. Ce fut lui qui donna aux cardinaux le titre
d’_éminence_. Il abolit les jésuitesses[19]: il n’était pas encore
question d’abolir les jésuites. Nous avons de lui un gros recueil de
vers latins. Il faut avouer que l’Arioste et le Tasse ont mieux réussi.
Mort en 1644.
Pamphilo, INNOCENT X, connu pour avoir chassé de Rome les deux neveux
d’Urbain VIII, auxquels il devait tout; pour avoir condamné les cinq
propositions de Jansénius sans avoir eu l’ennui de lire le livre, et
pour avoir été gouverné par la _Dona Olympia_, sa belle-sœur, qui
vendit sous son pontificat tout ce qui pouvait se vendre: mort en 1655.
Chigi, ALEXANDRE VII. C’est lui qui demanda pardon à Louis XIV, par
un légat _a latere_. Il était plus mauvais poëte qu’Urbain VIII.
Long-temps loué pour avoir négligé le népotisme, il finit par le mettre
sur le trône. Mort en 1667.
Rospigliosi, CLÉMENT IX, ami des lettres sans faire de vers, pacifique,
économe, et libéral, père du peuple. Il avait à cœur deux choses dont
il ne put venir à bout: d’empêcher les Turcs de prendre Candie, et de
mettre la paix dans l’Église de France. Mort en 1669.
Altieri, CLÉMENT X, honnête homme et pacifique comme son prédécesseur,
mais gouverné: mort en 1676.
Odescalchi, INNOCENT XI, fier ennemi de Louis XIV, oubliant les
intérêts de l’Église en faveur de la ligue formée contre ce monarque.
Il en est beaucoup parlé dans cette histoire[20]. Mort en 1689.
Ottoboni, Vénitien, ALEXANDRE VIII. Nul ne secourut plus les pauvres,
et n’enrichit plus ses parents. Mort en 1691.
Pignatelli, INNOCENT XII. Il condamna l’illustre Fénélon; d’ailleurs il
fut aimé et estimé. Mort en 1700.
Albani, CLÉMENT XI. Sa bulle contre Quesnel, qui n’a qu’une feuille,
est beaucoup plus connue que ses ouvrages en six volumes in-folio. Mort
en 1721.