Le mariage religieux du capitaine Driant et de Mlle Marcelle
Boulanger, célébré hier, en l'église Saint-Pierre de Chaillot, a été un
grand événement parisien.
Le général a revêtu, pour la circonstance, son grand uniforme avec
toutes ses décorations. J'avoue que la lecture de ce détail m'a causé
une véritable joie, car, ignorante comme je le suis, je m'imaginais
qu'il n'avait plus le droit de se mettre en tenue...
L'église, remplie de plantes vives, regorgeait de monde, et du monde le
plus élégant, le plus aristocratique, auquel les anciens «rouges»,
devenus partisans du général, ne semblent pas fâchés d'avoir été mêlés.
M. Laguerre donnait le bras à Mme la duchesse d'Uzès. Le général du
Barrail représentait officiellement le prince Victor. Dans la foule des
noms nobles que citent les journaux mondains, je lis aussi celui de
«Mme la vicomtesse de Bonnemain, dont la toilette en velours bleu de
ciel, garnie de renard bleu, a fait sensation».
Mme Boulanger, la mère très âgée du général, assistait également au
mariage.
À la sortie, et pendant tout le trajet de l'église à la rue
Dumont-d'Urville, la foule a fait une ovation indescriptible à son cher
général, qu'elle était enthousiasmée de revoir en uniforme.
Un lunch et une réception ont eu lieu chez le général. Des centaines de
féliciteurs ont défilé devant lui. La maison débordait de fleurs
envoyées de tous les coins de France.
Les nouveaux époux sont partis pour un voyage dont le but final est
Tunis, lieu de garnison actuel du capitaine Driant.
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