J'ai eu du monde aujourd'hui jusqu'après onze heures du soir. J'allais
me coucher, à l'approche de minuit, quand j'entends frapper de grands
coups contre la porte. Toute surprise, je prête l'oreille; les coups
redoublent, une voix crie: «Ouvrez, c'est une dépêche!...»
Je descends, je prends en mains le télégramme...
_Serons chez vous demain six heures soir. Préparez nos chambres._
Mon Dieu, comment vais-je faire pour tout préparer d'ici qu'ils
arrivent! Je prends une lampe, je monte au premier, j'ouvre leur
chambre... Tout est resté tel qu'ils l'ont laissé. Je n'avais pas eu le
courage d'y toucher.
Vite, vite, je mets un peu d'ordre, j'allume un bon feu qui durera une
partie de la nuit et que je continuerai à faire flamber toute la journée
de demain.