II

Dans Rousseau, il y a une théorie assez complète de «l’armée nationale».

Tout citoyen soldat et tout soldat citoyen, comme dans les cantons

suisses. «Ce n’est qu’avec des troupes réglées (armées permanentes où le

militarisme est un métier) que la puissance exécutrice peut asservir

l’État.»--«Les troupes réglées, peste et dépopulation de l’Europe, ne

sont bonnes qu’à deux fins: ou pour attaquer et conquérir les voisins ou

pour enchaîner et asservir les citoyens.» Ce qu’il faut donc, c’est la

nation armée et exercée. «Tout citoyen doit l’être par devoir, nul ne

doit l’être par métier.» C’était le système militaire des Romains; c’est

celui des Suisses; il doit être celui de tout peuple libre et qui veut

rester tel. Une armée-milice où tous les citoyens serviraient et chacun

«un an seulement» et où, dans le choix des officiers, «on aurait égard

non au rang, au crédit et à la fortune, mais uniquement à l’expérience

et aux talents», serait une armée excellente, sinon pour l’offensive, du

moins pour la défensive.

Les détails où entre ensuite Rousseau sont particuliers à la Pologne, à

qui il parle, et n’ont pas d’intérêt général.

La politique comparée de Montesquieu, Rousseau et Voltaire · 第 43 / 50 题