II

La Clairière.

Les trois cavaliers qui avaient accompagné M. de Clairfontaine, bien

qu'ils lui eussent servi de témoins dans le duel qui avait eu pour

lui une issue si malheureuse, étaient jusqu'à ce moment demeurés

spectateurs muets et impassibles des événements qui s'étaient passés.

En entendant les paroles prononcées par don Pablo et l'espèce

d'engagement qu'il prenait de sauver son adversaire, ils jugèrent qu'il

était temps qu'ils intervinssent et prissent au sérieux le rôle de

témoins qui leur avait été assigné.

Miss Anna Prescott n'était pas seule dans le bois, plusieurs de ses

peones l'avaient suivie pour lui servir d'escorte, mais laissés en

arrière par la jeune fille dont le cheval semblait avoir des ailes,

tant sa course était rapide, ils n'étaient arrivés que depuis quelques

minutes seulement dans la clairière, sur la lisière de laquelle ils se

tenaient immobiles et prêts à exécuter ses ordres.

Miss Anna, après avoir jeté un dernier regard sur le blessé, dont

l'état lui sembla sans doute moins grave qu'elle ne l'avait cru

d'abord, se préparait à se retirer, lorsqu'un des cavaliers s'approcha

d'elle, et, après l'avoir saluée respectueusement, il la pria au nom

de ses amis et au sien, de lui laisser deux de ses serviteurs, pour

aider à transporter le blessé dans un endroit où il serait possible de

lui donner les soins que réclamait impérieusement la situation dans

laquelle il se trouvait.

--Vous avez raison, caballero, dit la jeune fille, paraissant plutôt

répondre à ses propres pensés qu'à la demande qui lui était adressée;

mieux vaut qu'il en soit ainsi; cela, sous tous les rapports, sera

plus convenable. Disposez de mes peones comme bon vous semblera dans

l'intérêt de mon cousin.

--Deux d'entre eux nous suffiront, señorita; nous avons l'intention

de transporter notre ami dans une maison située à une courte distance

de l'endroit où nous sommes; maison dans laquelle aucuns soins ne lui

manqueront.

--Faites à votre guise, señores, je vous eusse offert la maison de

mon père si je n'eusse craint de lui causer une trop forte émotion en

amenant blessé, chez lui, sans qu'il y soit préparé, un parent pour

lequel il professe une vive amitié.

--Mille fois merci, señorita, reprit son interlocuteur; mais je vous

répète que là où nous nous proposons de conduire notre ami, on sera

heureux de le recevoir et rien ne lui manquera.

La jeune fille donna l'ordre à deux de ses peones de demeurer à la

disposition du blessé et de ses amis, puis elle prit congé des trois

cavaliers, et, sans tourner la tête du côté de don Pablo, qui fixait

sur elle des regards chargés de toute la douleur qui lui dévorait

secrètement le cœur, elle quitta la clairière et ne tarda pas à

disparaître, ainsi que son escorte, dans les profondeurs du bois.

Don Pablo suivit des yeux la jeune fille aussi longtemps qu'il la put

apercevoir; il prêta l'oreille au bruit de sa course tant que le plus

léger son en fut perceptible à son oreille, puis lorsque tout se fut

éteint dans l'éloignement, un profond soupir souleva sa poitrine, et,

d'un pas lent et automatique, il alla s'asseoir sur le quartier de roc

qui, primitivement, lui avait servi de siège, laissa tomber sa tête

dans ses mains et s'abîma dans ses pensées, sans plus s'occuper de ce

qui se passait autour de lui, et laissant les amis de son adversaire

maîtres d'agir à leur guise.

Ceux-ci étaient des Américains du Nord, froids et compassés, à la

vérité, ainsi que la plupart de leurs compatriotes, mais, en somme,

c'étaient de parfaits gentlemen, fort liés avec le blessé, qu'ils

aimaient réellement. Ils prirent donc avec le plus grand soin toutes

les précautions nécessaires pour que leur ami fût transporté le plus

doucement et le plus commodément possible sur un brancard construit à

la hâte par les peones.

Lorsque tout fut prêt, ils s'approchèrent de don Pablo et le saluèrent

gravement.

Le jeune homme releva la tête et fixa sur eux un regard étonné; il

avait déjà oublié leur présence.

--Que désirez-vous de moi, señores? leur demanda-t-il.

--Caballero, répondit l'un des trois Américains qui, jusque-là, avait

porté la parole au nom de ses compagnons, avant de nous retirer, nous

éprouvons le besoin de vous témoigner notre estime pour la façon

dont vous vous êtes conduit dans cette malheureuse rencontre, et nos

remerciements pour la généreuse initiative que vous avez voulu prendre

en offrant de prodiguer vos soins à l'homme qui s'était proclamé votre

mortel ennemi, et contre lequel vous avez si vaillamment combattu.

--Je vous remercie, señores, répondit tristement don Pablo; croyez que

personne plus que moi ne regrette ce qui s'est passé; j'ai vainement

essayé d'éviter ce duel; hélas! Dieu m'est témoin que j'eusse préféré

mille fois que ce fût mon sang qui eût coulé dans ce combat; en ce

moment encore si ma vie pouvait racheter celle de mon adversaire, j'en

ferais avec joie le sacrifice.

Les trois Américains saluèrent cérémonieusement le jeune homme et se

retirèrent lentement, accompagnés des peones qui portaient le blessé.

Don Pablo demeura seul.

Il jeta un regard circulaire autour de lui. A quelques pas, son cheval

paissait tranquillement les jeunes pousses des arbres et l'herbe qui

tapissait la clairière. La lune se couchait, la nuit se faisait plus

sombre. Un silence lugubre planait sur la nature, on se serait cru

au milieu d'un désert tant tout était calme et morne; parfois le vol

pesant d'un oiseau de nuit ou les abois saccadés de quelque chien

errant rompaient pour quelques minutes ce silence, qui reprenait

ensuite plus profond.

Une heure s'écoula ainsi, sans que don Pablo changeât de position;

soudain il sentit une main se poser doucement sur son épaule.

Le jeune homme tressaillit, comme s'il eût reçu une commotion

électrique et se retourna vivement.

Miss Anna Prescott était devant lui, pâle et souriante, plus semblable

dans ses longs vêtements blancs à une apparition de l'autre monde qu'à

une créature mortelle.

--Est-ce que vous ne m'attendiez pas? lui dit-elle d'une voix suave et

pure comme un chant d'oiseau.

--Je vous attendais, señorita, répondit-il avec une douloureuse

émotion, mais je n'espérais pas vous revoir.

--Ingrat et oublieux! fit-elle avec tristesse, n'avez-vous donc pas

compris pourquoi je suis venue?

--Pardonnez-moi, señorita, je suis fou, je ne comprends rien, ma tête

se brise, mes artères battent à éclater, je souffre.

--Vous souffrez, don Pablo, murmura-t-elle avec une ironie triste, vous

souffrez, vous, un homme fort et courageux, et moi, qui ne suis qu'une

pauvre et faible jeune fille, est-ce que je ne souffre pas?

--Oh! dit-il avec prière, si vous saviez!

--Je sais tout; mais, au contraire de vous, je suis forte parce que

j'ai la foi. Nous autres femmes si faibles, si pusillanimes, même dans

les choses banales de la vie, lorsque le moment arrive où notre cœur

s'ouvre à l'amour, c'est lui seul qui nous guide, et nous devenons plus

fortes que les hommes, parce que l'amour résume notre existence tout

entière.

--Oui, vous aimez, doña Anna, je le sais.

--Non seulement vous êtes ingrat et oublieux, don Pablo, mais encore

vous êtes aveugle.

--Peut-être vaudrait-il mieux que je le fusse réellement, señorita,

alors, j'espérerais, je me bercerais de folles chimères, et je serais

heureux.

--Don Pablo, ce n'est pas agir en caballero et en homme de cœur que de

vouloir obliger une jeune fille à vous révéler les secrets intimes de

son âme, lorsque, pendant le voyage que mon père fit, il y a un an, à

Guadalajara pour rendre visite aux parents de ma mère, le hasard nous

mit, vous et moi, en présence à la sortie de l'église, je compris au

premier mot que vous me dîtes, que mon sort était décidé; ai-je changé

depuis lors? avez-vous une fois, une seule, eu à me reprocher la faute

la plus légère, une de ces innocentes coquetteries que, sans y songer,

se permettent souvent les jeunes filles? Non, jamais! A votre arrivée à

México, après une séparation de plusieurs mois, ne vous ai-je pas revu

avec les témoignages de la joie la plus sincère? Répondez.

--Hélas! señorita, tout ce que vous me dites est vrai, j'en conviens,

je le reconnais; mais, je vous le répète, je suis fou, pardonnez-moi,

ne m'accablez pas.

--Non, vous n'êtes pas fou, don Pablo, mais vous êtes jaloux, ce qui

est pis, car cette jalousie est pour moi une insulte.

--Une insulte! doña Anna, s'écria-t-il avec douleur.

--Oui, don Pablo, une insulte; l'amour tel que je le comprends est la

communion de deux âmes qui se fondent en une seule; il ne peut vivre

que d'abnégation et de confiance, sinon il meurt ou plutôt n'a pas

existé. La jalousie n'est produite que par le manque de foi et de

confiance; celui qui est jaloux n'aime pas.

--Au nom du ciel! señorita, ne me parlez pas ainsi, vos paroles me

brûlent et redoublent mon désespoir; ce qui s'est passé ici même il y a

une heure à peine...

--Ah! oui, dit-elle avec colère, voilà bien votre tactique, à vous

autres hommes, vous attaquez toujours au lieu de vous défendre. C'est à

moi à me disculper à présent, n'est-ce pas? Eh bien, soit! je le ferai,

non pas pour vous, don Pablo, mais pour moi, que vos injustes soupçons

font mourir. Je suis Anglaise par mon père, mais par ma mère je suis

Mexicaine comme vous; toute la fierté des deux races dont je sors s'est

réunie en moi, je suis fille du soleil, et au lieu de sang, c'est de la

lave de nos volcans qui bouillonne dans mes veines.

--Non, pas d'explication, je vous en supplie, doña Anna, s'écria-t-il

en joignant les mains avec prière et en se laissant tomber aux pieds de

la jeune fille, je vous crois, je dois, je veux vous croire.

Elle se redressa hautaine et fière, le couvrit un instant d'un regard

d'une expression inexprimable, et, faisant un pas en arrière:

--Relevez-vous et écoutez-moi, don Pablo, lui dit-elle avec un geste de

commandement suprême; aussi bien je veux en finir, il faut qu'une fois

pour toutes, tout malentendu cesse entre nous.

Le jeune homme se sentit vaincu, dominé par ce caractère d'une énergie

supérieure à la sienne; il obéit avec la docilité d'un enfant,

intérieurement heureux de la franchise naïve avec laquelle la jeune

fille lui dévoilait toute l'étendue de son amour.

--L'homme avec lequel vous vous êtes battu, reprit-elle, est un de nos

plus proches parents, il vous l'a dit lui-même; il vous a parlé aussi

des projets d'union formés par notre famille; mais ce que vous ignorez,

c'est que cet homme est arrivé à México il y a quinze jours, envoyé

par son père pour demander ma main et m'épouser. Mon père, sommé de

tenir la parole qu'il avait autrefois donnée, peut-être un peu à la

légère, répondit qu'il serait heureux de voir cette union se conclure,

mais à la condition qu'elle me conviendrait. Je refusai: point n'est

besoin de vous le dire, n'est-ce pas, Pablo? Master Williams Stuart de

Clairfontaine est un parfait gentilhomme, d'une loyauté proverbiale,

mais irascible et vindicatif à l'excès; le refus péremptoire que je

fis de sa main, sans vouloir donner d'autre raison que mon éloignement

pour un homme que je ne connaissais pas, le froissa dans son orgueil.

Sur ces entrefaites, vous arrivâtes à México; votre retour redoubla mon

courage; une heure environ après votre visite, mon père reçut celle de

M. de Clairfontaine. Habitué à me voir toujours gênée, silencieuse et

maussade en sa présence, il ne comprit rien à la joie que j'essayais en

vain de dissimuler et qui éclatait malgré moi sur mon visage et dans

mes paroles. Cela lui donna à réfléchir.

--Oh! doña Anna, pourrez-vous jamais me pardonner mes injustes

soupçons? Je croyais que cet homme était un rival préféré.

--C'était, en effet, un rival, reprit-elle en souriant, mais nullement

préféré; il dissimula, plaisanta avec mon père et avec moi-même, en

me félicitant de la bonne humeur que je montrais et à laquelle je

ne l'avais pas accoutumé jusque-là; et, sans y paraître attacher

d'importance, il s'informa des personnes que depuis peu nous avions

vues. Mon père ne soupçonnant pas le but vers lequel il tendait, lui

parla de vous, de l'intimité de nos relations et de votre arrivée

imprévue à México; arrivée, ajouta-t-il, qui le comblait de joie, à

cause de l'amitié qu'il avait pour vous. Je ne sais quels furent les

moyens dont se servit M. de Clairfontaine pour changer ses soupçons

en certitude et amener une rencontre; mais ce soir, après avoir dîné

chez mon père, il se leva aussitôt après les _dulces_, et s'excusant

sur une affaire pressée qui l'obligeait à nous quitter, il se retira.

Mais en prenant congé de moi, il me dit à voix basse avec un ton de

sarcasme qui me glaça de terreur. Je sais, señorita, combien vous

vous intéressez à don Pablo de Zúñiga; comme j'aurai l'avantage de le

voir ce soir au _Bosque de los ahuehuetes_; j'espère que je pourrai

demain vous donner de ses nouvelles. Il sourit avec amertume, tourna

sur ses talons, et sortit. Vous savez le reste. Je voulais prévenir

une rencontre entre vous; éviter un malheur qui briserait ma vie;

j'accourus folle de douleur, trop tard, hélas!

Elle s'arrêta pâle et frissonnante, et essuya les larmes qui coulaient

sur ses joues.

Il y eut un long silence.

Ce fut donc Pablo qui reprit la parole:

--Me pardonnez-vous, doña Anna? lui dit-il d'une voix craintive.

--On pardonne quand on aime, fit-elle avec émotion.

--Et vous m'aimez?

--Ai-je besoin de répondre à cette question? murmura-t-elle doucement.

--Vous êtes un ange, je suis indigne de vous! s'écria-t-il avec

exaltation; comment pourrai-je racheter jamais ma faute.

--En ayant la foi.

--Oh! je l'ai, je vous le jure! mais, hélas! ce funeste événement peut

briser tous nos projets de bonheur.

--J'espère qu'il n'en sera pas ainsi, don Pablo; mon père m'aime, il

est bon et il est juste; il pardonnera.

--Que le ciel vous entende, doña Anna; mais je crains d'autres

obstacles encore, et plus difficiles à renverser.

--Que voulez-vous dire? Quel autre obstacle que la volonté de mon père

peut s'opposer à notre union?

--Votre père est Américain, doña Anna.

--C'est vrai; mais depuis vingt-cinq ans, il habite le Mexique où il

s'est marié à une Mexicaine; d'ailleurs, qu'importe sa nationalité?

--N'avez-vous donc pas entendu parler de l'animosité sourde qui règne

en ce moment entre le gouvernement des États-Unis et celui du Mexique.

--Je vis avec mes fleurs, mes oiseaux et mon cœur, don Pablo,

répondit-elle en souriant; je laisse la politique aux hommes.

--Malheureusement la politique vous touche aujourd'hui.

--Comment cela?

--Un guerre est imminente; d'un jour à l'autre, elle peut être

déclarée. Nous serons ennemis, alors.

--Non pas nous; ne suis-je pas Mexicaine.

--Oui, mais votre père.

--Don Pablo, mon père est un homme sage qui, croyez-le bien, y

regardera à deux fois avant que de compromettre son repos, sa fortune

et le bonheur de sa fille dans une querelle qui lui est complètement

étrangère.

--Mais la guerre déclarée, tous les Américains habitant le Mexique

seront obligés de le quitter pour se rendre aux États-Unis.

--Je ne sais pas prévoir les malheurs d'aussi loin, don Pablo; la

destinée est aux mains de Dieu, lui seul sait ce qui arrivera;

n'essayons donc point de soulever le voile dont il cache l'avenir;

croyez-moi, cela est plus prudent.

--Vous avez raison toujours. Je suis un fou de ne pas m'abandonner

complètement à vos bons conseils.

--Peut-être vaudrait-il mieux, dans notre intérêt commun, qu'il en

fût ainsi. Maintenant que vous êtes plus calme et que la raison vous

est revenue, laissez-moi vous quitter. Venez demain voir mon père, je

l'aurai préparé à vous bien recevoir.

--Merci mille fois, doña Anna, vous me donnez le bonheur en me rendant

l'espoir. Vous ne me demandez pas pourquoi je suis ici?

--Cela ne me regarde pas; les hommes ont souvent des affaires que seuls

ils doivent connaître.

En ce moment le cri du hibou se fit entendre à deux reprises

différentes.

Don Pablo tressaillit et se leva.

--Voilà un oiseau qui chante bien tard, dit la jeune fille avec un

malicieux sourire. Je vous quitte, ne vous occupez pas de moi; mes

serviteurs m'attendent à deux pas d'ici; ils sont nombreux, bien armés

et braves.

--Un mot encore, señorita, je vous en supplie.

--Parlez, mais hâtez-vous, je devrais être partie depuis longtemps déjà.

--Si demain je ne me présente pas chez votre père, ne soyez pas

inquiète et ne m'en veuillez pas. Il peut surgir tels événements qui,

malgré moi, me retiendront loin de vous. Il m'est impossible, quant à

présent, de vous en dire plus.

--Je vous entends, don Pablo; au revoir. Demain ou dans un an vous me

trouverez toujours la même: triste de votre absence, heureuse de votre

retour.

Et elle s'envola comme un oiseau.

--Oh mon bonheur! murmura le jeune homme en suivant du regard les plis

de la robe blanche glissant à travers les arbres.

En ce moment le cri du hibou s'éleva de nouveau dans le silence, mais

cette fois beaucoup plus rapproché.

Don Pablo s'assura que son sabre jouait facilement dans le fourreau,

toucha sous son zarapé les crosses de ses revolvers, et plaçant deux

doigts de la main droite dans sa bouche, il répondit au signal qui lui

était fait, en imitant à son tour le cri du hibou. Puis retirant un

loup de velours noir de sa faja, il le plaça sur son visage.

Presque aussitôt on entendit craquer les branches mortes sous les

pas pressés de plusieurs individus; les broussailles furent écartées

violemment, et une dizaine d'hommes masqués et enveloppés dans de longs

manteaux entrèrent dans la clairière de plusieurs côtés à la fois.

--Enfin! murmura le jeune homme. Et croisant les bras sur sa poitrine,

il attendit, calme et immobile, que tous les inconnus eussent pénétré

dans la clairière.

Les chasseurs mexicains: Scènes de la vie mexicaine · 第 11 / 29 题