LE ROI, _en riant_.--Parlez donc, Monsieur le docteur, et vous
expliquez; qu'est-ce que vous remarquez en moi?
M. FAGON.--Une abondance de santé, Sire, causée par une joie qui se
répand sur toute votre personne royale.
LE ROI.--Bon, voilà qui va bien, Monsieur; je ne laisse pas cependant
d'avoir du chagrin de toutes les pertes que je fais cette année de tous
côtés.
M. FAGON.--C'est le sort de la guerre, Sire, qui a toujours été de la
sorte; l'amour récompense Votre Majesté de ses pertes, en lui faisant
faire des conquêtes dans son empire.
LE ROI, _d'un air agréable_.--Monsieur, je vois bien que vous êtes aussi
savant en amour qu'en médecine; mais, dites-moi un peu, je vous prie,
avez-vous des remèdes pour les coeurs des amants?