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Vendredi, 4 heures.
On me remet ta lettre d’hier vendredi dans laquelle tu m’annonces avoir
reçu ma première lettre. Tu es priée de t’abstenir de faire aucune
réflexion sur les mesures prises à notre égard. Je n’aurai plus
dorénavant le droit de t’écrire que deux fois par semaine. Tu pourras
m’écrire chaque jour; fais-le, ma chérie, car c’est la seule chose qui
me donne le courage de vivre. Si je ne sentais pas ta chaude affection,
celle de tous les miens, lutter avec moi pour mon honneur, je n’aurais
pas le courage de poursuivre cette tâche presque surhumaine. De même on
ne me donne aucune lettre d’aucun membre de la famille, et je n’ai pas
le droit de leur écrire.
Le ministre seul peut modifier cet état de choses.
Tu ne peux te figurer, ma pauvre enfant, comme je suis malheureux; nuit
et jour je pense à cet horrible mot accolé à mon nom, mon cerveau
parfois se refuse à admettre pareille chose. Je me demande dans mes
nuits agitées si je suis réveillé ou si je dors. Avec cela, aucune
occupation qui me permette de me distraire de mes sombres pensées.
Je t’embrasse mille fois ainsi que tous les nôtres,