Je reçois à l’instant tes deux chères lettres de mardi. Tu as raison de
me parler de nos chéris. Quoique cela m’arrache le cœur chaque fois que
je pense à eux, leur gazouillement que tu me répètes réveille cependant
en moi d’agréables et de touchants souvenirs. La foi me revient en des
jours meilleurs.
Je suis absolument de ton avis quant à l’œuvre que vous poursuivez. Il
faut du calme, du temps, de la persévérance pour arriver au but... Je le
sais fort bien, j’agirais comme vous si j’étais à votre place, préférant
aboutir sûrement plutôt que de tout perdre en agissant sans réflexion...
Mais moi, hélas, je suis ici entre quatre murs, inactif, le sang brûlé,
et ma façon de voir n’est forcément pas la même que la vôtre.
On m’apprend aussi que deux sœurs viendront me voir à deux heures. Quel
bonheur de revoir les siens.
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