«Quoiqu'il n'existe point de littérature proprement dite aux
États-Unis, ne croyez pas que les Américains soient sans amour-
propre littéraire. Il se passe à cet égard un phénomène assez
étrange; vous n'apercevez point chez leurs auteurs de ces vanités
monstrueuses, qu'on voit chez nous, compagnes de la médiocrité,
quelquefois même du génie. Les écrivains ont la conscience qu'ils
exercent une profession d'un ordre inférieur.
«En Amérique, ce ne sont pas les écrivains qui ont l'orgueil
littéraire, c'est le pays.
«La littérature est une industrie dans laquelle les Américains
prétendent exceller comme dans toutes les autres.
«Et ne croyez pas leur être agréable en leur disant que la
conformité du langage rend communs aux États-Unis tous les beaux
génies de l'Angleterre; ils vous répondront que la littérature
anglaise ne fait point partie de la littérature américaine.