«À peine le peuple américain était-il né, que la vie publique et
industrielle s'est emparée de toute son énergie morale. Ses
institutions, fécondes en libertés, reconnaissent des droits à
tous. Les Américains ont trop d'intérêts politiques pour se
préoccuper d'intérêts littéraires. Lorsque, vers la fin du siècle
dernier, vingt-cinq millions de Français étaient gouvernés selon
le bon plaisir d'une femme galante, ils pouvaient, tranquilles sur
les affaires du pays, s'amuser de choses frivoles et se dévouer
corps et âme à la querelle de deux musiciens! [46]
«Peu confiants dans les hommes du pouvoir, les Américains se
gouvernent eux-mêmes: la vie publique n'est point dans les salons
et à l'Opéra; elle est à la tribune et dans les clubs.