Jusqu'au règne de Philippe-Auguste, les anciens plans nous
représentent ce quartier, ainsi que les deux précédents, comme un
espace de terrain ou vague ou couvert de diverses cultures, mais
presque sans aucun bâtiment. Ces terres appartenoient en grande partie
à l'abbaye Saint-Germain; et ce fut à l'occasion de l'enceinte élevée
par ce prince et des contestations qu'elle fit naître entre l'évêque
et ce monastère, que fut bâtie l'église Saint-André, à laquelle cette
portion de la ville doit le nom qu'elle a porté jusqu'au moment de la
révolution.
Ce quartier, borné, ainsi que nous venons de le dire, à l'occident par
la rue Dauphine jusqu'à la porte dite de Buci, étoit ensuite
circonscrit par les murailles de la nouvelle enceinte jusqu'à la porte
Saint-Michel, où se faisoit sa jonction avec le quartier Saint-Benoît.
Les descriptions particulières des monuments et des rues qui le
composent feront connoître comment il est successivement parvenu à
l'état où nous le voyons aujourd'hui[490].
[Note 490: Si l'on en excepte la porte de Nesle, qui faisoit
partie du quartier Saint-Germain, le quartier
Saint-André-des-Arcs contenoit les trois dernières portes de
l'enceinte méridionale de Philippe-Auguste, savoir: les
portes Saint-Michel, Saint-Germain et de Buci. La porte
Saint-Jacques appartenoit au quartier Saint-Benoît; celle de
Saint-Victor et de la porte Bordelle au quartier de la place
Maubert. Une vignette, que nous avons donnée (_Voy._ pl.
147), représente ces six portes, levées d'après le plan de
Paris exécuté en tapisserie sous Charles IX; ainsi que
l'ancienne porte Saint-Bernard. La porte de Nesle, qui est
la huitième et dernière, se trouve dans une des vues du
Louvre et dans la vue extérieure de l'hôtel qui lui a donné
son nom.]