SÉPULTURES.

Dans cette église avoient été inhumés:

Charles de France, comte de Valois, chef de la branche de ce nom,

laquelle a régné deux cent soixante années.

Charles de Valois, comte d'Alençon, second fils de Charles de

France. Il fut la tige des comtes d'Alençon.

Agnès de France, septième fille de Jean de France, duc de

Normandie.

Louis de France, comte d'Évreux, et chef de la branche de ce nom.

Robert de France, comte de Clermont en Beauvoisis, sixième fils

de saint Louis, et chef de la branche de Bourbon.

Louis Ier, duc de Bourbon, fils de Robert de France, comte de

Clermont et de la Marche.

Marguerite de Bourbon, fille de Robert, et première femme de Jean

de Flandre, comte de Namur.

Pierre, duc de Bourbon et comte de la Marche, fils de Louis Ier.

Louis IIIe du nom, fils puîné de Louis IIe du nom, duc de

Bourbon.

Béatrix de Bourbon, fille de Louis Ier et de Marie de Hainaut. On

voyoit sa figure debout, et appuyée contre un pilier du

sanctuaire, avec son épitaphe au-dessus[314]. Elle avoit en outre

son tombeau dans la nef, à main gauche.

[Note 314: Cette statue, en pierre de liais, se voit aux

Petits-Augustins; le masque est en albâtre.]

Anne de Bourbon, fille de Jean Ier, comte de la Marche, de

Vendôme et de Castres.

Philippe d'Artois, fils aîné de Robert, comte d'Artois; et

Blanche sa femme, fille du duc de Bretagne.

Gaston, comte de Foix, premier du nom.

Clémence, fille de Charles Martel, roi de Hongrie, et seconde

femme de Louis X, roi de France.

Cette église possédoit en outre:

Le coeur de Philippe III, dit le Hardi, roi de France et fils de

saint Louis.

Celui de Pierre de France, comte d'Alençon, cinquième fils de

saint Louis.

Celui de Charles IV, roi de France.

Celui de Philippe III, dit le Sage, roi de Navarre, fils de Louis

de France, comte d'Évreux.

Celui de Charles de France, roi de Naples et de Sicile, frère de

saint Louis.

Les entrailles de Philippe V, dit le Long,}

} tous les deux

} rois de France.

Celles de Philippe VI, dit de Valois, }

Devant le maître-autel étoit la tombe de Humbert de la

Tour-du-Pin, deuxième du nom, Dauphin de Viennois, mort à

Clermont en Auvergne, en odeur de sainteté, en 1355[315].

[Note 315: Il se consacra à Dieu après la mort de son fils,

qui s'étoit noyé dans l'Isère; céda ses états à Philippe VI;

entra dans l'ordre de Saint-Dominique; fut successivement

prêtre, patriarche d'Alexandrie, et administrateur perpétuel

de l'évêché de Reims. Après sa mort son corps fut transporté

à son couvent de Paris, et enterré auprès de Clémence, reine

de France, et soeur de sa mère. Sa tombe étoit composée de

quatre grandes plaques de cuivre jetées en moule. Il y étoit

représenté revêtu des habits de son ordre, la chape plus

courte que sa robe. Il avoit la mitre, les gants, le pallium

qui descendoît jusqu'à ses pieds, et tenoit sous son bras

gauche le bâton de la croix patriarcale.]

Au-dessus de la porte du Revestiaire, la statue du cardinal Gui

de Malsec à genoux devant un crucifix.

Dans les chapelles et dans diverses autres parties de l'église

avoient été inhumés plusieurs autres personnages remarquables,

savoir:

Dans la chapelle de Saint-Thomas ou des Bourbons, les PP. Nicolas

Coeffeteau et Noël Alexandre, tous les deux de l'ordre des Frères

Prêcheurs, et célèbres par leur profonde érudition.

Sous une tombe, devant la chapelle de la Passion, Pierre de la

Palue, religieux de Saint-Dominique et patriarche de Jérusalem.

Dans la nef, devant les orgues, trois générales perpétuelles des

Béguines de Paris, Agnès d'Orchies, Jeanne La Bricharde et Jeanne

Roumaine.

Aussi dans la nef, Jean Passerat, professeur d'éloquence au

collége royal, et George Critton, Écossois, docteur en droit

civil et canonique, et professeur royal en langue grecque et

latine[316].

[Note 316: Les bustes de ces deux personnages accompagnoient

leurs monuments.]

Dans l'aile où étoit située la chapelle du Rosaire, Nicolas de

Paris, substitut du procureur-général du parlement.

Auprès de l'oeuvre de la confrérie du Rosaire[317], Claude Dormy,

évêque de Boulogne-sur-Mer, auparavant moine de Cluni, et prieur

de Saint-Martin-des-Champs. Il étoit représenté à genoux sur la

porte d'une chapelle[318].

[Note 317: La dévotion à la confrérie du Rosaire attiroit

dans cette église un grand concours de peuple, tous les

premiers dimanches du mois. La reine Anne d'Autriche engagea

Louis XIII à y entrer, et y fit inscrire Louis XIV, son

fils, encore au berceau. Depuis cette époque la coutume

s'étoit introduite d'y faire inscrire les enfants de France

peu de temps après leur naissance.]

[Note 318: La statue de ce prélat avoit été déposée aux

Petits-Augustins.]

Près de cette chapelle, Pierre de Rostrenan, chambellan du roi

Charles VII. Sa figure en albâtre étoit couchée sur sa tombe.

Jean Clopinel, dit de Meung, continuateur du roman de la Rose,

avoit été aussi inhumé dans ce couvent, mais on ignore si ce fut

dans l'église ou dans le cloître, etc., etc.

L'église des Jacobins, qui, depuis long-temps, menaçoit ruine, avoit

été abandonnée par ces religieux, quelques années avant la

révolution; et l'office divin se célébroit dans la salle des

exercices, connue sous le nom d'_Écoles de Saint-Thomas_. Ces écoles,

situées à côté de l'église, avoient été commencées aux dépens du P.

Jean Binet, docteur en théologie, et religieux de cet ordre, mort en

1550. On y remarquoit une chaire revêtue de marbre, dans laquelle

étoit, dit-on, renfermée celle qui avoit servi à saint Thomas d'Aquin.

La salle principale étoit ornée de plusieurs représentations des plus

grands personnages de l'ordre, parmi lesquels on distinguoit les

portraits de saint Dominique, de Pierre de Tarentaire, pape sous le

nom d'Innocent V, et de Hugues de Saint-Cher, cardinal du titre de

Sainte-Sabine.

La bibliothèque, composée de quinze à seize mille volumes, contenoit

plusieurs manuscrits d'ouvrages de piété, légués par saint Louis à ces

religieux.

L'ordre de Saint-Dominique est un des plus illustres qu'il y ait eu

dans l'église. Sans parler d'une foule de savants, aussi

recommandables par leurs vertus que par leurs lumières, qui sont

sortis de ses écoles, ou qui ont travaillé dans le silence de ses

cloîtres, il compte parmi ses membres douze saints canonisés et

plusieurs béatifiés; quatre papes, Innocent V, Benoît XI, Pie V et

Benoît XIII; cinquante-huit cardinaux, vingt-trois patriarches; tous

les maîtres du sacré Palais, depuis saint Dominique, qui fut le

premier en 1217; vingt-huit confesseurs de nos rois, et quarante-deux

des rois d'Espagne[319].

[Note 319: Les bâtiments des Jacobins ont été détruits en

grande partie: l'église, qui existe encore, sert de

magasin.]

Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8) · 第 55 / 241 题