Émue
la montagne désirée
par son amant agile
quand lui frôle ses mystères
elle lui offre ses flancs
il explore toutes ses formes
et ses pensées fragiles
que ses pentes font valser pas à pas
s'apprivoise la beauté d'une descente
qu'un soleil fait bouger
sur son corps
convoité
01.08.00
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S'écrivent parfois des mots
en faux-dièse en vrai-bémol
en calvacade
voyagent agiles
paissent naturels
au point du jour
remisent les nuits
allègent les heures
suspendues lourdes usées
sous les arbres
sur les pierres
se baignent dans la soupe
font claquer toutes les portes
d'un été coutumier
01.08.00
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Au jardin
un regard s'emplit de froidure
que dissipent les souvenances
de l'amour déployé
sur la trace d'une flamme hésitante
il veille
appuyé sur l'instant des avenirs
floconneux
20.08.00
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Interminable
ce souffle ponctué
d'extraits en vagues
prolonge les jours
à l'ombre s'ajoutent
aux heures
nécessaires
08.09.00
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Doux murmure de la chair
reflet d'un souffle passager
glisse dans le blues du silence
empreinte d'un visage
la nuit sur fond gris
semence de paroles
l'espoir sur fond noir
gestes à fleur de peau
grandes aurores
mémoire bleu de cyan
son sourire masqué
09.09.00
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Ciel des Amériques
Ciel de nuit
Ciel de lit
du Nord au Sud
défigure la mémoire
d'un bronze tenace
porte au visage
un sourire de plomb
passe les ponts
jusqu'au quai
parole de chair
peau de papier
peau sur mesure
peauaime
09.09.00
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Il fait ici tempête de pluie de vent
à l'image d'une turbulence fait chair
chair d'abîme
entre tous les abîmes
chair des renoncements
à l'effigie du silence accordé
à tous les silences
à croire que les dieux imaginés
invitent à la redondance d'histoires anciennes
perdues dans les rêves
rejetés dans le néant
dont seule demeure
une parole imprononcée
imprononçable
21.09.00
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Quel interdit a ce goût du silence ?
n'a le goût que des sens
gravitation sur le corps déployé
d'un regard poursuit la ligne pure
abandonnée dans la soie des gestes
sur le parcours d'une fièvre
murmure des instants doux
ce goût de sel que les vagues transportent
jusqu'aux lèvres multipliées
viennent colorer la nuit
ses ombres emportées
dans un délire
spontané
23.09.00
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Terre de ta vie
via la terre de sable fin
ses vagues de sel
de mer en vague
quand tu divagues
sur l'horizon chargé de cris
quand vient l'écrit
l'appel du lit
surbondance
de l'infini
29.09.00
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Dans la salle des occupations
le jour se fait tard
en toute patience
voit la nuit l'achever
quand la peau glisse limpide
sur les pierres
amassées par le roulement
des vagues fluides
de l'amour
m'a lâchée dans la blancheur de la nuit
m'a laissé dormir hors des questions
m'a exilée tournoyante
vers le milieu du lit
sans déranger les rêves voisins
quand tout à coup
sonna l'heure de l'abordage
sur le pont d'un autre jour
c'était lundi
le retour
02.10.00
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Dénuement
dans ce champ immense
de la fragilité
course folle d'un espoir replié
dans les coins d'ombre
s'enfonce dans l'étrange mouvement
des sensualités incandescentes
quand se murmurent des paroles
prolongées sur le corps
accentué
par son ascension du désir
05.10.00
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© Éditions En Marge et Huguette Bertrand
Dépôt légal / octobre 2000
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISBN 2-921818-21-3
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