L'abbé avait, tout le long du chemin, préparé son discours et ses
précautions oratoires; mais, quand il fut au fond du jardin avec M. de
Sommery, il se prit à pleurer et lui dit: «Mon cher monsieur de
Sommery, il faut du courage pour ce que j'ai à vous apprendre. Il vous
est arrivé un grand malheur.--Qu'est-ce? dit le colonel.--O mon Dieu!
dit l'abbé, donnez à ce pauvre père la force et le courage, car toute
force vient de vous.--Arthur! s'écria M. de Sommery, où est Arthur?
L'abbé baissa la tête sans répondre.
«Parlez! parlez! s'écria M. de Sommery; il est malade, n'est-ce pas, il
est blessé?--Il est mort! dit l'abbé.--Mon fils! s'écria M. de Sommery
d'une voix forte et éclatante qui résonna dans toute la maison, mon
fils Arthur est mort! O mon Dieu! ayez pitié de moi!» Et le vieux
soldat tomba sur un banc et se mit à pleurer.
Au cri du colonel, tout le monde accourut au jardin.