CANTONS. 1804 1844 AUGMENTATION DIMINUTION
p. 100. p. 100.
Castets 5,760 9,006 56 »
Dax 13,224 20,051 51 »
Mimizan 2,700 4,870 43 »
Sabres 4,994 7,144 43 »
Saint-Esprit 10,907 15,612 43 »
Parentis 4,287 5,870 37 »
Pissos 4,693 6,324 37 »
Soustons 6,625 9,021 36 »
Arjuzanx 5,304 7,095 33 »
Saint-Vincent 7,780 10,344 32 »
Sore 3,251 4,268 31 »
Labrit 4,541 5,776 27 »
Roquefort 7,453 11,501 27 »
Tartas (ouest) 8,391 10,571 25 »
Peyrehorade 10,664 13,028 21 »
Hagetmau 10,587 12,462 20 »
Mont-de-Marsan 13,301 15,915 19 »
Tartas (est) 4,595 5,335 16 »
Geaune 8,183 9,197 13 »
Montfort 12,309 13,654 11 »
Aire 10,829 11,992 10 »
Amou 12,438 13,579 10 »
Grenade 7,173 7,872 9 »
Gabarret 8,122 8,716 7 »
Villeneuve 8,296 8,887 7 »
Pouillon 13,332 14,294 7 »
Saint-Sever 15,762 15,322 » 2-1/2
Mugron 10,343 10,038 » 3
Ce tableau me semble répandre un grand jour sur la question. On y
voit d'une manière claire que la prospérité a coïncidé constamment
avec la culture du pin, et qu'un état lentement progressif,
stationnaire, ou même rétrograde, a été le partage de la région des
labourables et de la vigne.
En effet, si l'on partage ce tableau en deux séries, la première
comprend tous les cantons où la culture du pin est dominante, et
finit aux cantons de Roquefort et de Tartas (ouest), comme pour
constater que là où le pin s'arrête, là s'arrête aussi la prospérité
du pays.--La seconde série des 14 cantons qui présentent le moindre
accroissement, renferme précisément tous les cantons agricoles et
vinicoles du département. La grande lande et le Maransin n'y sont
pas plus représentés que la Chalosse et l'Armagnac dans la première.
Ces deux séries présentent les résultats suivants:
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| CULTURES. | POPULATION. | |
| ----------------|--------------------------------| |
| VIGNES. PINS. | 1804 1841 AUGMENTATION. | |
| ----------------|--------------------------------| |
| hect. hect. | hab. hab. hab. | |
1re série | 2,160 150,022| 89,910 127,463 37,553 | 42 p. 100 |
| | | |
2e série | 18,093 16,821| 145,640 160,089 14,449 | 10 p. 100 |
| ------ ------- ------- ------- ------ --------- |
TOTAUX. 20,233 166,843| 235,250 287,552[38] 52,002 | 22 p. 100 |
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[Note 38: La différence, du reste insignifiante, qui se
trouve entre ce chiffre et celui de 288,077, porté au
dénombrement, prouvent d'erreurs d'additions qui se sont
glissées dans l'annuaire.]
Dans le tableau de la population des cantons on remarquera quelques
faits qui semblent ne pas s'accorder avec ces déductions: 1º Dax et
Saint-Esprit, qui n'ont pas de pins, figurent en tête de l'échelle,
comme présentant une augmentation de population de 56 et 43 p.
100.--Mont-de-Marsan, qu'on s'attendrait à trouver dans la première
série, ne vient qu'en troisième ligne dans la seconde, et n'offre
qu'un accroissement de 19 p. 100.--Montfort, qui est un canton
vinicole, et qui, par ce motif, devrait être l'un des derniers du
tableau, a encore huit cantons au-dessous de lui, et présente une
augmentation de 11 p. 100.
Mais, comme on va le voir, ces anomalies apparentes, bien loin
d'infirmer, confirment le système que j'émets.
Remarquons d'abord qu'il s'agit des cantons où sont situées les
villes de Dax, Saint-Esprit et Mont-de-Marsan, dont la population
industrielle ne subit pas aussi directement que celle des campagnes
l'influence de l'agriculture, qui fait principalement l'objet de ces
recherches.
Saint-Esprit n'avait que 4,946 habitants en 1804; il en a 7,324
aujourd'hui. Sa situation à l'embouchure de l'Adour, son commerce,
sa garnison, ses établissements militaires, sa proximité de Bayonne,
expliquent ce développement.
Dax ne produit pas de matières résineuses, mais il est l'entrepôt où
le Maransin vient faire ses ventes et ses achats. Dax a donc
prospéré par les mêmes causes qui feraient prospérer Bordeaux, si le
commerce de vins florissait et répandait la richesse dans la
Gironde, quoique par elle-même la commune de Bordeaux ne puisse pas
produire de vins.
Passons à Mont-de-Marsan. D'abord ce canton serait considéré à tort
comme un de ceux où domine le pin. Il n'y en a que 9,828 hectares,
contre 8,147 hectares de labourables et 428 hectares de vigne.
L'impôt qu'il paie pour ses pins n'entre que pour 1/8 dans son
contingent. Il faut donc le ranger parmi les cantons agricoles qui
ressentent déjà l'influence de la culture du pin; et, sous ce point
de vue, la place qu'il occupe dans le tableau ne s'éloigne pas
beaucoup de celle qu'on aurait pu lui assigner _à priori_. Mais il
est facile de se convaincre que ce n'est pas la faute des pins si ce
canton ne figure pas à la première série. En effet, si l'on détache
des dix-neuf communes qui le composent les six communes qui offrent
le plus de superficie en _pignadas_, on trouve que dans ces six
communes, quoiqu'elles aient une très-forte proportion de
labourables, la population a augmenté de 33 p. 100, tandis que celle
du canton entier ne s'est accrue que de 19 p. 100.