_Du besoin de raffinement dans les temps de décadence_ (même sujet
qu'au 9 avril précédent). Les plus grands esprits ne peuvent s'y
soustraire: on croit trouver un genre nouveau en mettant des détails
là où les anciens n'en mettaient pas. Les Anglais, les Germaniques nous
ont toujours poussés dans cette route. Shakespeare est très raffiné.
En peignant avec une grande profondeur de sentiment que les anciens
négligeaient ou ne connaissaient même pas, il découvrit tout un petit
monde de sentiments qui sont chez tous les hommes de tous les temps à
l'état confus et qui ne semblent pas destinés à arriver à la lumière,
ou à être analysés, avant qu'un génie particulièrement doué ait porté
le flambeau dans les coins secrets de notre âme. Il semble qu'il faut
à l'écrivain une érudition prodigieuse; mais on sait combien il est
facile de prendre le change à ce sujet, et ce qu'il y a de réel sous
cette apparence de science universelle.
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