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5 _février._--Chez Thiers, le soir: j'y suis resté très longtemps;
il m'a accaparé, et nous avons parlé guerre; il a mis en poudre mon
système.
En sortant et très tard, chez Halévy: calorifères étouffants. Sa
pauvre femme emplit sa maison de vieux pots et de vieux meubles;
cette nouvelle folie le mènera à l'hôpital. Il est changé et
vieilli: il a l'air d'un homme entraîné malgré lui. Comment peut-il
travailler sérieusement au milieu de ce tumulte? Son nouveau poste à
l'Académie[17] doit prendre beaucoup sur son temps et l'écarter de plus
en plus de la sérénité et de la tranquillité que demande le travail.
Sorti de ce gouffre le plus tôt que j'ai pu. L'air de la rue m'a semblé
délicieux.
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_6 février._--Dîné chez la princesse. Elle me plaît toujours: elle
avait une robe dont elle ne savait que faire; l'étoffe en était si
magnifique qu'elle ressemblait à une cuirasse de vingt aunes; grâce à
cette ampleur ridicule, toutes les femmes se ressemblent en ressemblant
à des tonneaux.
Après dîner, j'ai été un moment chez Fould et suis revenu pour
l'entendre avec Franchomme; mais le plaisir de la soirée avait été deux
ou trois morceaux de Chopin qu'elle m'avait joués avant mon départ pour
aller chez le ministre.
Grzymala, à dîner, nous a soutenu que Mme Sand avait accepté de
Meyerbeer de l'argent pour les articles qu'elle a faits à sa louange.
Je ne puis le croire et j'ai protesté. La pauvre femme a bien besoin
d'argent: elle écrit trop et pour de l'argent; mais descendre jusqu'au
métier des feuilletonistes à gages, c'est ce que je ne puis croire!
Berryer venu chez la princesse.
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7 _février._--Soupe chez la fameuse comtesse de Païva. Ce luxe
effrayant me déplaît; on ne rapporte aucun souvenir de semblables
soirées: on est plus lourd le lendemain, voilà tout.
Depuis moins de quinze jours, j'ai travaillé énormément: je suis occupé
maintenant de _Foscari_[18]. J'avais auparavant donné aux _Lions_[19]
une tournure que je crois enfin la bonne, et je n'ai plus qu'à terminer
en changeant le moins possible.
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