10 novembre 1830.

Londres est assez calme aujourd'hui; il y a encore de loin en loin

quelques groupes dans la cité, mais l'effervescence tombe. Le duc

était ce matin au lever du roi où je l'ai vu; il était fort

tranquille, et a répondu comme je le voulais à la demande que je lui

faisais de reprendre nos conférences interrompues depuis quelques

jours. Je crois que demain il nous proposera de nous réunir à deux

heures.

Lorsque l'on apprit avant-hier qu'il n'y aurait pas de dîner dans la

cité, le marquis de Wellesley[448] dit tout haut dans la Chambre des

pairs: _This is the boldest act of cowardise I ever heard of._

Mademoiselle trouvera que c'est plus spirituel que fraternel.

[448] Le marquis Wellesley (1760-1842), frère aîné du duc de

Wellington, ancien gouverneur de l'Inde, ancien lord-lieutenant

d'Irlande.

Il n'y aura rien de remarquable sur les affaires ministérielles avant

le 16. Tous les moyens de l'opposition sont en mouvement. Le duc a de

la confiance dans sa propre position: il croit qu'il aura la majorité

contre la motion de M. Brougham. Dans six jours, cette grande lutte

sera décidée. Je n'ai et personne n'a d'opinion sur le résultat de

cette séance, parce qu'il y a un grand nombre de membres nouveaux dont

l'opinion n'est pas connue...

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Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 3 · 第 124 / 145 题