[426] Voir page 327.
Valençay, 20 mai 1830.
Je lis la fameuse ordonnance[427], et j'y vois que chacun est troublé
dans ses arrangements d'été. Jusqu'à présent, cela me paraît un coup
d'État contre les séjours à la campagne; plus tard nous verrons
peut-être mieux.
[427] L'ordonnance du 16 mai qui dissolvait la Chambre des
députés.
L'expédition d'Alger prend la forme d'une étourderie, qui, peut-être,
pourrait conduire à des choses sérieuses. Aussi pourquoi le ministère
anglais qui se mêle de faire des constitutions au Brésil[428] ne se
mêle-t-il pas de faire des ministres à Paris? Cela serait utile à tout
le monde.--Dans les circonstances actuelles je crois que cela serait
important: alors, lié avec l'Angleterre, on tiendrait le langage que
l'on voudrait; et toutes les petites _oppositions de pays_ céderaient.
Je sais bien qu'il n'est pas bien agréable d'être soumis à la volonté
d'un autre, mais si cet autre ne sait pas ce qu'il veut, cela est
insupportable.
[428] Allusion à la politique du ministère Wellington, qui
soutenait plus ou moins ouvertement dom Miguel contre son frère
dom Pedro empereur du Brésil.
Il faut croire que les affaires du dehors ne se compliqueront pas;
mais, avec ce ministère, peut-on être sûr de quelque chose? Tout se
fait avec étourderie, et le résultat de l'étourderie peut être un
embarras réel. Si cette entreprise d'Alger est un expédient pour
faciliter quelque direction dans l'intérieur, _on se trompe beaucoup_.
Il y avait des moyens plus simples: il fallait diminuer les impôts.
Depuis le gouvernement de l'empereur, ils ont été augmentés de deux
cents millions et plus, tandis qu'en Angleterre, ils ont été diminués
depuis la même époque de quatre cents millions de francs. Je fais là
des réflexions d'un vrai campagnard; je veux du moins ne pas les
rendre trop longues, et je finis.
Adieu...
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