and Policy (ICLP) (UCLA: University of California, USA) a les objectifs
suivants: procurer des ressources aux universitaires, praticiens, étudiants et
usagers d'Internet intéressés par le droit du cyberespace, aider à trouver des
solutions aux problèmes propres au cyberespace, identifier les problèmes légaux
et politiques, favoriser le développement du droit du cyberespace en tant que
discipline propre, procurer un moyen de dissémination des idées nouvelles et
favoriser de nouvelles communautés électroniques dans ce domaine.
Proposée par l'ICLP, Cyberspace Law Bibliography, bibliographie très complète
sur le droit du cyberespace, renvoie à des documents ayant trait à de nombreux
domaines: cryptographie, problèmes de juridiction dans le cyberespace, commerce
électronique, communautés électroniques et droit, équité, accès au cyberespace,
liberté d'expression, obscénités et pornographie en ligne, propriété
intellectuelle et droit, droit du copyright, droit intellectuel, respect de la
vie privée et sécurité.
Disponible en allemand, anglais, espagnol, français, occitan et portugais, le
Manifeste du Web indépendant insiste sur la nécessité d'un Web respectueux de la
liberté individuelle et de la diversité culturelle face à la main-mise
croissante des "dynosaures" politiques et commerciaux.
"Le Web indépendant, ce sont ces milliers de sites offrant quelques millions de
pages faites de passion, d'opinion, d'information, mises en place par des
utilisateurs conscients de leur rôle de citoyens. Le Web indépendant, c'est un
lien nouveau entre les individus, une bourse du savoir gratuite, offerte,
ouverte; sans prétention. Face aux sites commerciaux aux messages publicitaires
agressifs, destinés à ficher et cibler les utilisateurs, le Web indépendant
propose une vision respectueuse des individus et de leurs libertés, il invite à
la réflexion et au dialogue. Quand les sites d'entreprises se transforment en
magazines d'information et de divertissement, quand les mastodontes de
l'info-spectacle, des télécommunications, de l'informatique et de l'armement
investissent le réseau, le Web indépendant propose une vision libre du monde,
permet de contourner la censure économique de l'information, sa confusion avec.
[...] Nous invitons donc les utilisateurs à prendre conscience de leur rôle
primordial sur l'Internet: lorsqu'ils montent leur propre site, lorsqu'ils
envoient des commentaires, critiques et encouragements aux webmestres,
lorsqu'ils s'entraident dans les forums et par courrier électronique, ils
offrent une information libre et gratuite que d'autres voudraient vendre et
contrôler. La pédagogie, l'information, la culture et le débat d'opinion sont le
seul fait des utilisateurs, des webmestres indépendants et des initiatives
universitaires et associatives."
Dans un article de Libération daté du 9 janvier 1998, Esther Dyson, présidente
d'EDventure Holdings et personnalité du monde informatique, précisait que, du
point de vue commercial également, Internet devrait être réglementé moins par un
gouvernement central qui en définirait les règles que par plusieurs organismes
mis en concurrence dans l'intérêt du consommateur.
Disponible sur le Web depuis mars 1998, le Manifeste pour un technoréalisme fait
le point sur les relations entre cyberespace et société:
"Plus le cyberespace devient populaire, plus il ressemble à la société réelle
dans toute sa complexité. Chacun des côtés positifs ou habilitants de la vie en
ligne est accompagné de dimensions malicieuses, perverses [...]. Contrairement à
ce que certains prétendent, le cyberespace n'est pas un lieu distinct qui serait
régi par des règles distinctes de celles de la société civile. Les gouvernements
doivent respecter les règles et coutumes nées avec le cyberespace, mais cela ne
veut pas dire pour autant que le public n'a aucun droit sur un citoyen qui
déraille ou une entreprise qui commet une fraude. En tant que représentant du
peuple et gardien des valeurs démocratiques, l'État a le droit et la
responsabilité d'aider à intégrer le cyberespace à la société civile."
9.3. Document imprimé et/ou électronique
L'interaction entre document imprimé et document électronique est maintenant
omniprésente, et elle s'accentuera encore dans les prochaines années, à tel
point qu'il deviendra probablement ridicule d'établir une distinction entre
document électronique et document imprimé. Déjà, à l'heure actuelle,
pratiquement tous les documents imprimés récents sont issus d'une version
électronique sur traitement de texte, tableur ou base de données. De plus en
plus de documents n'existent désormais qu'en version électronique, et de plus en
plus de documents imprimés sont numérisés.
Le Château, par exemple, propose "la mémoire vive des grands auteurs", à savoir
une centaine d'hyperlivres qui sont les versions électroniques des
chefs-d'oeuvre de la littérature classique. Ces hyperlivres sont vendus sur
disquettes avec logiciel de recherche comprenant des outils de lecture tels que
recherche de mots, recherches d'analogies, recherche de citations et lecture
hypertextuelle.
Document électronique? Document numérique? Livre numérique? Livre électronique?
Un vocabulaire adapté reste à définir. Comme l'explique le GIS Sciences de la
cognition (GIS: groupement d'intérêt scientifique) dans Le livre électronique:
réflexion de prospective, rapport de synthèse rédigé par Jean-Gabriel Ganascia,
le terme "livre électronique", souvent utilisé en français, est "à la fois
restrictif et inopportun". Le terme est restrictif parce que le livre désigne
"un support particulier de l'écrit qui est advenu à un moment donné dans
l'histoire" alors que le document électronique comporte à la fois de l'écrit, de
l'image et du son. Le terme est également inopportun parce qu'on ne peut guère
juxtaposer au terme "livre" le terme "électronique", "un nouvel objet immatériel
défini par un ensemble de procédures d'accès et une structuration logique". De
plus, qu'il s'agisse de sa forme exacte ou de sa fonction exacte, le statut même
de ce qu'on appelle "livre électronique" reste encore à déterminer.
Outre sa facilité d'accès et son faible coût, le grand mérite du document
électronique est que, dans le cas où ce document est régulièrement actualisé, le
cybernaute/lecteur dispose toujours en ligne de la version la plus récente du
document. Point n'est besoin d'attendre une nouvelle édition imprimée soumise
aux contraintes commerciales et aux exigences de l'éditeur. On pense notamment à
la diffusion en ligne d'ouvrages et de périodiques éducatifs et scientifiques,
dans lesquels l'information la plus récente est primordiale.
Autre exemple, les universités américaines diffusent des manuels "sur mesure"
composés d'un choix de chapitres sélectionnés dans une très importante base de
données, choix complété par des articles et des commentaires de professeurs.
Pour un séminaire, un très petit tirage peut être effectué à la demande à partir
de textes scientifiques transmis à un imprimeur par voie électronique. L'édition
électronique apparaît donc comme une solution à étudier de près pour les presses
universitaires et les éditeurs axés sur la publication d'ouvrages de recherche.
Lors d'une très intéressante conférence donnée en septembre 1996 dans le cadre
de l'International Federation of Information Processing (IFIP), Dale Spender
tentait de cerner les changements fondamentaux apportés par Internet dans
l'acquisition du savoir et les méthodes d'enseignement. Voici son argumentation
résumée en quelques lignes.
Dans les cinq cents dernières années, l'enseignement était principalement basé
sur l'information donnée par les livres. Or les habitudes liées à l'imprimé ne
peuvent être transférées au monde numérique. L'enseignement en ligne offre des
possibilités tellement nouvelles qu'il n'est guère possible d'effectuer les
distinctions traditionnelles entre enseignant et enseigné. Le passage de la
culture imprimée à la culture numérique exige d'entièrement repenser le
processus d'enseignement, puisque nous avons maintenant l'opportunité sans
précédent de pouvoir influer sur le genre d'enseignement que nous souhaitons.
Dans la culture imprimée, l'information contenue dans les livres restait la même
un certain temps, ce qui nous a encouragé à penser que l'information était
stable. La nature même de l'imprimé est liée à la notion de vérité, stable elle
aussi. Cette stabilité et l'ordre qu'elle engendre ont été un des fondements de
l'âge industriel et de la révolution scientifique. Les notions de vérité, de
lois, d'objectivité et de preuve ont été les éléments de référence de nos
croyances et de nos cultures. Mais la révolution numérique change tout ceci.
Soudain l'information en ligne supplante l'information imprimée pour devenir la
plus fiable et la plus utile, et l'usager est prêt à la payer en conséquence.
C'est cette transformation radicale dans la nature de l'information qui doit
être au coeur du débat concernant les méthodes d'enseignement.
Dans son courrier électronique du 7 juillet 1998, Patrick Rebollar, professeur
de lettres et d'informatique à Tokyo (Japon) et auteur notamment de la
Chronologie littéraire 1848-1914, analysait l'impact d'Internet sur sa vie
professionnelle:
"Mon travail de recherche est différent, mon travail d'enseignant est différent,
mon image en tant qu'enseignant-chercheur de langue et de littérature est
totalement liée à l'ordinateur, ce qui a ses bons et ses mauvais côtés (surtout
vers le haut de la hiérarchie universitaire, plutôt constituée de gens âgés et
technologiquement récalcitrants). J'ai cessé de m'intéresser à certains
collègues proches géographiquement mais qui n'ont rien de commun avec mes idées,
pour entrer en contact avec des personnes inconnues et réparties dans différents
pays (et que je rencontre parfois, à Paris ou à Tokyo, selon les vacances ou les
colloques des uns ou des autres). La différence est d'abord un gain de temps,
pour tout, puis un changement de méthode de documentation, puis de méthode
d'enseignement privilégiant l'acquisition des méthodes de recherche par mes
étudiants, au détriment des contenus (mais cela dépend des cours).
Progressivement, le paradigme réticulaire l'emporte sur le paradigme
hiérarchique - et je sais que certains enseignants m'en veulent à mort
d'enseigner ça, et de le dire d'une façon aussi crue. Cependant ils sont obligés
de s'y mettre..."
Comment Patrick Rebollar voit-il l'avenir du réseau, et son avenir professionnel
avec Internet?
"Trouble. Entre ceux qui cherchent à gagner de l'argent à tout prix, et ceux qui
en font une banque d'images pornographiques, ceux qui cherchent des amis pour
pallier un manque et ceux qui cherchent du travail. Ceux qui... et ceux qui...
le réseau devient progressivement une projection du monde lui-même, plus précise
et exacte chaque jour. Mon avenir professionnel, qui sera de toute façon en
liaison directe avec l'Internet, n'est pas plus clair que mon avenir lui-même.
J'attends les opportunités professionnelles car l'enseignement universitaire
n'est pas assez dynamique dans ce domaine, et je ne suis pas sûr d'y rester -
pourtant j'aime enseigner et j'aime les étudiants."
Autre problème de taille à résoudre, ces adresses de sites, dénommées URL
(uniform resource locators), qui changent et qui rendent le document
indisponible si le responsable du site et/ou l'auteur du document n'ont pas
pensé à établir un lien de l'ancienne adresse à la nouvelle. Dans son mémoire
L'accès aux catalogues des bibliothèques par Internet, Thierry Samain
expliquait:
"Concernant la mobilité des URLs affectées à un document sur le Web, il a été
adopté afin de remédier à ce problème, le terme d'URN (uniform resource name)
qui identifie une ressource ou une unité d'information indépendamment de sa
location, jouant en quelque sorte le même rôle que l'ISBN [international
standard book number] pour les monographies traditionnelles. Les URNs sont, de
manière universelle, uniques, persistantes et accessibles sur le réseau. Une URC
(uniform resource characteristic) a également été proposée pour servir de
connexion entre les URNs et les URLs. Si une URL change, les usagers autorisés
peuvent la modifier à l'intérieur du service URC. Celui-ci inclurait des
capacités de recherche bibliographique et dans le futur, il pourrait être
possible de se connecter à une variété de serveurs URC en mesure d'assister les
bibliothécaires dans le catalogage et l'archivage d'informations de qualité."
Par ailleurs, les livres électroniques sont pour bientôt. Un petit ordinateur
ayant le format d'un livre permettra de lire plusieurs dizaines de documents
dont les éditions électroniques pourront être achetées directement auprès des
éditeurs ou des distributeurs. Quatre types de livres électroniques au moins
seront disponibles dans quelques mois: le Rocket eBook (créé par NuvoMedia en
partenariat avec Barnes & Noble et Bertelsmann), le SoftBook (créé par SoftBook
Press en partenariat avec Random House et Simon & Schuster), l'Everybook (EB)
(créé par Everybook) et le Millennium EBook (créé par Librius.com).
9.4. Numérisation et convergence multimédia
Toutes les informations, qu'elles soient du texte, du son ou des images, peuvent
être converties en bits et en octets pour traitement informatique. C'est ce
qu'on appelle la numérisation. La numérisation permet de créer, d'enregistrer,
de combiner, de stocker, de rechercher et de transmettre des informations et des
produits fondés sur l'information par des moyens simples et rapides. Des
procédés similaires permettent le traitement de l'écriture, de la musique et du
cinéma alors que, par le passé, ce traitement était assuré par des procédés
différents sur des supports différents (papier pour l'écriture, bande magnétique
pour la musique, et celluloïd pour le cinéma). De plus, des secteurs autrefois
distincts comme l'édition (qui produisait des livres) et l'enregistrement sonore
(qui produisait des disques) s'unissent maintenant pour produire des CD-ROM.
La numérisation a également considérablement accéléré le processus matériel de
production. Dans la presse par exemple, le processus de mise en page automatique
a été suivi de la modification des phases de réimpression, devenues un processus
de production intégré et continu basé sur la numérisation. Alors qu'auparavant
le personnel de production devait dactylographier les textes du personnel de
rédaction, les journalistes et les rédacteurs envoient maintenant directement
leurs textes pour mise en page. La numérisation a accéléré le processus de
publication des livres. Le rédacteur, le concepteur artistique et le personnel
chargé de la mise en page peuvent travailler simultanément sur le même ouvrage.
Les progrès des techniques de l'informatique et de la communication en général,
et de la numérisation en particulier, entraînent progressivement l'unification
de tous les secteurs liés à l'information: imprimerie, publication, conception
graphique, presse, enregistrement sonore, réalisation de films, radiodiffusion,
télécommunications, etc. C'est ce qu'on appelle la convergence multimédia. Reste
à savoir si les technologies de l'information et de la communication créent des
emplois nouveaux, comme l'assurent les employeurs, ou bien si elles sont source
de chômage, comme l'affirment les syndicats.
Le Colloque sur la convergence multimédia organisé en janvier 1997 à Genève par
l'Organisation internationale du Travail (OIT) comprenait des contributions
particulièrement intéressantes à cet égard, et qui sont toujours d'actualité.
Suite à une enquête menée en Allemagne et dans d'autres pays d'Europe par le
biais de l'Association européenne des directeurs de journaux, Heinz-Uwe
Rübenach, du Bundesverband Deutscher Zeitungsverleger (Association allemande de
directeurs de journaux), assurait que les services en ligne créent de nouveaux
emplois et qu'ils recrutent des journalistes ne provenant pas de services de
presse classiques. Selon cette enquête, aucun poste n'a été supprimé dans des
entreprises de presse suite au développement des services en ligne. Phil
O'Reilly, directeur général de la Newspaper Publishers Association of NZ (New
Zealand), précisait que, en Nouvelle-Zélande aussi, le développement des sites
sur Internet a entraîné quelques créations d'emplois.
Cependant, sauf quelques cas particuliers comme ceux-ci, il est déjà démontré
que la convergence multimédia entraîne des suppressions massives d'emplois,
comme tous les changements récents liés à l'introduction de nouvelles
technologies.
Selon Michel Muller, secrétaire général de la Fédération des industries du
livre, du papier et de la communication (France), les industries graphiques
françaises ont perdu 20.000 emplois au cours des dix dernières années
(1987-1996). Les effectifs ont été ramenés de 110.000 personnes à 90.000. Les
entreprises ont dû mettre sur pied des plans sociaux très coûteux pour favoriser
le reclassement des personnes licenciées en créant des emplois souvent
artificiels, alors qu'il aurait été très préférable de financer des études
fiables sur les créations et suppressions d'emplois quand il en était encore
temps.
Partout dans le monde, de nombreux postes à faible qualification technique sont
remplacés par des postes exigeant des qualifications techniques élevées. Les
personnes peu qualifiées sont licenciées. D'autres suivent une formation
professionnelle complémentaire, parfois auto-financée et prise sur le temps de
loisir, et cette formation professionnelle ne garantit pas pour autant le
réemploi.
Lors du même colloque, Walter Durling, directeur des AT&T Global Information
Solutions (USA), insistait sur le fait que l'humanité ne devait pas avoir peur
de la technique. Ses arguments étaient les suivants: la technique ne changera
pas fondamentalement les relations humaines, et les relations entre salariés et
employeurs resteront les mêmes. L'invention du film n'a pas tué le théâtre, et
celle de la télévision n'a pas fait disparaître le cinéma. La créativité ne doit
pas être étouffée par les réglementations. Elle doit aussi s'appliquer aux
entreprises qui devraient créer des emplois liés aux nouvelles technologies et
les proposer à ceux qui sont obligés de quitter d'autres postes devenus
obsolètes. Des arguments bien théoriques alors que le problème est plutôt celui
du pourcentage. Combien de création de postes pour combien de licenciements?
De leur côté, les syndicats luttent pour la création d'emplois par
l'investissement, l'innovation, la formation professionnelle aux nouvelles
technologies, la reconversion des travailleurs dont les emplois sont supprimés,
des conditions équitables pour l'établissement des contrats et des conventions
collectives, la défense du droit d'auteur, une meilleure protection des
travailleurs dans le domaine artistique, et la défense des télétravailleurs en
tant que travailleurs à part entière. D'après les prévisions de la Commission
européenne, l'Europe devrait compter 10 millions de télétravailleurs en l'an
2000, soit 20% du total mondial.
Malgré tous les efforts des syndicats, la situation deviendra-elle aussi
dramatique que celle décrite dans un document de l'Organisation internationale
du Travail demandant si "les individus seront forcés de lutter pour survivre
dans une jungle électronique avec les mécanismes de survie qui ont été mis au
point au cours des précédentes décennies?"
Dans Cyberplanète : notre vie en temps virtuel (Paris, Editions Autrement,
1998), Philip Wade et Didier Falkand indiquaient que les Etats-Unis, le Canada
et le Japon, pays qui investissent le plus dans les nouvelles technologies, sont
aussi ceux qui créent le plus d'emplois. D'après une étude réalisée en février
1997 par le Cabinet Booz.Allen & Hamilton pour les ministres européens de
l'Industrie, le retard de l'Europe lui aurait coûté un million d'emplois en 1995
et 1996, du fait d'une croissance technologique de 2,4% (9,3% aux Etats-Unis).
Selon une autre étude menée par Bipe Conseil en janvier 1997 pour le compte de
la Commission européenne, 1,3 million d'emplois pourraient être maintenus ou
créés dans l'Union européenne d'ici l'an 2005. Les 300.000 suppressions
d'emplois d'opérateurs traditionnels seraient compensés par 93.000 postes créés
par leur concurrents et 1,2 million d'emplois créés dans les secteurs suivants:
télécommunications, construction électrique et électronique, équipement et
distribution de produits de communication.
Pour en revenir au monde de l'imprimé, la distinction traditionnelle entre
bibliothèque, maison d'édition, éditeur de presse ou librairie existera-t-elle
encore dans quelques années? Tous les sites peuvent déjà constituer une
cyberbibliothèque. De plus en plus de bibliothèques, librairies et maisons
d'édition n'ont ni murs, ni rayonnages, ni vitrines. Leurs locaux sont un site
Internet, et toutes leurs transactions s'effectuent sur le Web. Concernant la
distribution, on peut toujours acheter les grands titres de presse chez son
marchand de journaux ou les recevoir dans sa boîte aux lettres, mais on peut
aussi les lire sur le Web, et de plus en plus de journaux et magazines sont
uniquement électroniques.
Il y a quelques années, le monde de l'imprimerie a dû être profondément remanié
suite à l'apparition de la PAO (publication assistée par ordinateur). Les
catégories professionnelles forgées au fil des siècles: bibliothécaires,
éditeurs, journalistes, libraires, etc., résisteront-elles à la convergence
multimédia tout en s'adaptant au cyberespace, comme c'est le cas maintenant avec
les cyberthécaires, les cyberéditeurs, les cyberjournalistes, les
cyberlibraires, etc., ou bien toutes ces activités seront-elles progressivement
restructurées dans de nouveaux métiers?
Le développement récent de l'édition électronique amène déjà des changements
substantiels dans les relations entre auteur, éditeur et lecteur. Internet offre
aussi de réels avantages à tous les professionnels, notamment la possibilité de
chercher du travail en ligne et de recruter par le même biais. Changer d'emploi
est plus facile et le télétravail ouvre de nouveaux horizons à ceux qui
préfèrent travailler chez eux.
Dans son courrier électronique du 8 juin 1998, Isabelle Aveline, rédactrice de
la cyber-revue ZazieWeb, déclarait:
"Grâce à Internet les choses sont plus souples, on peux très facilement passer
d'une société à une autre (la concurrence!), le télétravail pointe le bout de
son nez (en France c'est encore un peu tabou...), il n'y a plus forcément de
grande séparation entre espace pro et personnel."
Reçu le même jour, le courrier électronique de Claire Le Parco, de la société
Webnet (société qui a créé le site Poésie française), précisait:
"En matière de recrutement, Internet a changé radicalement notre façon de
travailler, puisque nous passons maintenant toutes nos offres d'emploi
(gratuitement) dans le newsgroup 'emploi'. [Nous utilisons] un Intranet pour
échanger nombre d'informations internes à l'entreprise: formulaires de gestion
courante, archivage des documents émis, suivi des déplacements, etc. La demande
des entreprises est très forte, et je crois que nous avons de beaux jours devant
nous!"
Fabrice Lhomme, qui est notamment le webmestre du site Une Autre Terre, consacré
à la science-fiction, expliquait dans son courrier électronique du 9 juin 1998: