La note parue dans le _Bulletin_ du 29 juin et qui modifiait la
réglementation en ce qui concerne la vente de nos chaussures, faisait
prévoir que le Comité aurait à tenir compte des expériences des premiers
jours et qu'il serait peut-être amené à changer encore le mode de
répartition. Nous avouons qu'il n'y a là rien d'agréable pour le public.
Nous lui demandons toutefois de considérer que ce n'est pas notre faute,
si la quantité que nous avons à offrir dans les catégories les plus
demandées, est tout à fait minime par rapport aux besoins. Or, il nous
est impossible d'augmenter cette quantité. Un commerçant ordinaire
profiterait de la situation pour hausser le prix et mettrait en quelque
façon sa marchandise aux enchères. Nous avons toutes sortes de motifs
d'agir autrement et de maintenir des prix modérés. Nos clients ne nous
en voudront pas et ils jugeront, avec nous, que le mode de répartition
qui consisterait à exclure les moins aisés, serait le plus déplorable.
Voici le résultat des sept premiers jours de vente, qui ont permis de
servir les clients de six locaux de pain:
Proportion par Proportion par rapport
Catégories rapport à notre au total des ventes
stock effectuées
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Bébés et enfants 14% 12%
Fillettes 32% 12%
Femmes 25% 65%
Garçonnets et garçons 24% 8%
Grands garçons 5% 3%
Pour respecter la proportion des ventes par rapport au stock, nous
aurions dû, par exemple, vendre plus de bottines de fillettes que de
femmes. En réalité, nous en avons vendu 5 fois moins. Relativement à
notre stock, on nous a demandé beaucoup trop peu de chaussures de
fillettes et de garçons, mais beaucoup trop de chaussures de femmes. En
chiffres ronds, nous avons, pendant ces sept jours, écoulé près de 3
fois trop de chaussures de femmes, 3 fois trop peu de chaussures de
fillettes et de garçons.
Remarquons, en outre, en examinant spécialement la catégorie des
bottines de femmes, que les demandes sont très variables selon les
pointures, et qu'elles sont loin de correspondre à nos contingents.
Ainsi, les pointures 38 constituent 15% de notre total dans cette
catégorie; les ventes forment 22% du même total. Si cela continuait,
nous manquerions bientôt de pointures 38.
A l'heure actuelle, alors que nous avons servi 1/9 seulement des locaux,
nous avons épuisé 1/5 de notre approvisionnement en bottines de femmes.
Si nous ne changions pas le mode de répartition, les clients des 22 ou
23 derniers locaux ne trouveraient plus de chaussures de cette
catégorie. C'est pourquoi, il nous faut modifier le régime actuel et
restreindre encore la faculté d'acquérir des bottines de femmes. Nous ne
changeons rien aux dispositions qui concernent la vente des chaussures
d'enfants. Mais, à partir du 12 juillet, on ne délivre une paire de
chaussures de femmes qu'aux femmes qui se présentent avec une carte de
pain de 4 rations au minimum.
C'est une nouvelle expérience que nous tentons sans pouvoir garantir que
cette réglementation n'aura plus de variation à subir. Nous aurions
voulu contenter tout le monde; nous savons que nous n'y réussirons pas;
nous prions qu'on nous reconnaisse au moins la bonne volonté d'agir pour
le mieux.
LE COMITÉ.
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