Le maréchal Bazaine

L'_Illustration_ publie aujourd'hui un beau portrait du maréchal

Bazaine. A cette occasion, on m'a demandé une notice sur le haut

dignitaire de l'armée française, dont le monde entier s'est tant occupé

depuis trois ans, et qui va très-prochainement être appelé devant un

conseil de guerre pour y rendre compte de sa conduite, du 12 août au 28

octobre 1870, période pendant laquelle il a exercé le commandement en

chef de la vaillante et malheureuse armée du Rhin.

La tâche qui m'incombe n'est pas facile pour un ancien officier qui a

servi sous les ordres et très-près du maréchal, dont la situation

actuelle d'accusé commande impérieusement la plus scrupuleuse

impartialité. Pour ne pas manquer au respect dû au malheur, même quand

il est mérité, il me faut refouler au plus profond de mon coeur la

sympathie que peut m'inspirer le glorieux soldat d'Afrique, d'Espagne,

de Crimée, d'Italie et du Mexique, le héros de maint combat, le

vainqueur de Kinburn, du fort San-Xavier, de San-Lorenzo et d'Oajaca,

ainsi que le sentiment en sens contraire que j'ai pu éprouver en

étudiant avec un soin minutieux les terribles événements qui se sont

accomplis autour de Metz, entre la bataille de Spickere et la

capitulation du grand boulevard de la France.

Si le maréchal Bazaine a réellement commis les crimes dont l'accusent

ses adversaires, on doit reconnaître que le masque de son visage est

bien trompeur, car il est difficile de trouver une figure respirant plus

de bonhomie. Avec ses cheveux coupés court, son impériale et sa

moustache sans prétention, ses rudiments de favoris, ses bonnes grosses

joues, son teint clair, ses yeux gris et vifs, son regard franc, son

sourire plein de bienveillance, le maréchal a plutôt l'air d'un gros

négociant, ex-officier supérieur de la garde nationale sédentaire que

d'un vieux militaire qui compte autant de campagnes que d'années de

service. On eût dit qu'il cherchait à exagérer encore l'apparence

débonnaire que lui donnait sa forte carrure et sa vigoureuse charpente à

demi-noyée sous un léger embonpoint, indice d'une belle santé, en

s'habillant sans prétention et tout à fait bourgeoisement. Loin de se

coiffer en casseur d'assiettes, l'ancien général en chef du Mexique

affectionne les coiffures trop larges: képis et chapeaux lui tombent sur

les oreilles sans incliner jamais ni à droite ni à gauche, et son corps

trapu sans obésité paraît se complaire dans de vastes tuniques, des

vestons courts ou des redingotes à la propriétaire.

Ennemi du faste, peu soucieux du confortable, d'un abord facile et d'une

grande bienveillance, naturelle qui n'a d'égale que sa prodigieuse

bravoure, Bazaine a été un des officiers les plus estimés et les plus

populaires de l'armée jusqu'au 5 septembre 1864, date de son élévation à

la dignité de maréchal. Relativement jeune, il n'avait que

cinquante-neuf ans en 1870, d'une constitution athlétique qu'aucune

émotion, aucune fatigue n'a encore pu entamer, le maréchal inspirait

encore une grande confiance lorsque, le 12 août, la pression de

l'opinion publique obligea l'Empereur à se dessaisir en sa faveur du

commandement suprême de l'armée la plus belle et la plus nombreuse que

la France ait possédée depuis la funeste campagne de 1812. Par son

origine plébéienne ou bourgeoise, il flattait les instincts

démocratiques, très-enracinés dans l'immense majorité de l'armée

française, et le soldat était satisfait d'être commandé par un homme

sorti du rang, et qui avait, comme lui, sérieusement porté le sac.

Quelle qu'ait été la conduite du commandant en chef de l'armée du Rhin,

la notice biographique qui va suivre prouvera qu'il avait bien gagné ses

grades, et que les personnes qui ont contribué à lui faire acquérir

honneurs et dignités ne sauraient être accusées d'avoir soutenu un homme

sans valeur et sans services. Arrivé au faîte, il a succombé sous le

poids d'une responsabilité écrasante; le même accident s'est reproduit

pour d'autres généraux en chef dont le public n'était pas moins entiché.

Tout cela prouve qu'il est difficile, sinon impossible, de discerner à

l'avance les officiers capables de commander en chef; et, à mon avis,

les généraux français qui ont été battus dans la dernière guerre sont

surtout les victimes d'une éducation militaire incomplète ou mal dirigée

et les boucs émissaires des fautes ou des défaillances de la France tout

entière. N'osant assumer en masse la responsabilité de leurs revers, les

Français commettent en ce moment la faute, impardonnable de personnifier

leurs désastres dans quelques généraux; je ne m'aventurerai pas à dire

que ce soit là un symptôme de décadence; mais ce n'est pas davantage un

signe de grandeur et encore moins de générosité.

Sauf de légères variantes, toutes nos armées ont ou allaient éprouver un

sort identique. Les armées de Metz, de Sedan, de Paris et de l'Est ont

été anéanties, enlevées ou réduites à l'impuissance; les armées du Nord

et de la Loire, après les défaites de Saint-Quentin et du Mans, auraient

eu la même fin, si l'armistice n'était heureusement survenu. Notre

devoir est de faire notre examen de conscience, et je doute que les deux

juges du conseil qui ont capitulé à Paris et celui qui a été battu à

Arthenay ne soient pas disposés à l'indulgence envers un frère d'armes

malheureux.

*

* *

La famille du maréchal Bazaine appartient à ce qu'on appelle la haute

bourgeoisie. Son père, ingénieur distingué, a rempli pendant de longues

années les fonctions de directeur-général des ponts-et-chaussées de

l'empire russe, avec rang de lieutenant-général; son frère, sorti de

l'École polytechnique, compte depuis longtemps parmi nos ingénieurs et

constructeurs de chemin de fer les plus remarquables; enfin sa soeur a

épousé le célèbre ingénieur Clapeyron. Bazaine (François-Achille), né à

Versailles le 18 février 1811, suivait les cours de la Faculté de droit

de Paris en 1831, époque à laquelle la France était menacée d'une

coalition européenne, quand il s'engagea comme simple soldat au 37e de

ligne. La campagne d'Anvers ayant été suivie d'un désarmement général,

le sergent Bazaine, désireux de faire campagne, obtint de passer avec

son grade à la légion étrangère, alors en voie d'organisation et qui ne

pouvait, conformément aux termes formels de la loi du 9 mars 1831, «être

employée que hors du territoire continental du royaume». Rappelons que

cette prescription avait surtout pour but d'empêcher le rétablissement

de la garde suisse.

Aussitôt organisée, la légion étrangère passa en Algérie. En novembre.

1833, à l'âge de vingt-deux ans, Bazaine reçut l'épaulette de

sous-lieutenant, et vingt mois après, il était fait chevalier de la

Légion d'honneur à la suite du glorieux, mais malheureux combat de la

Maeta, livré le 28 juin 1835, par le générai Trézel aux contingents

arabes réunis dans la province d'Oran sous le commandement de l'émir

Abd-el-Kader. Quelques semaines plus tard, le roi Louis-Philippe mit la

légion étrangère au service de la régente Christine, mère de la reine

Isabelle II; Bazaine suivit son corps en Espagne, où il conquit

rapidement les grades au titre espagnol de capitaine et de chef de

bataillon.

A Pons, en Catalogue, avec sa seule compagnie, il lutta pendant trois

jours consécutifs contre une colonne de quinze cents carlistes, et

parvint à leur échapper par une marche de nuit des plus audacieuses,

après avoir surpris leurs postes avancés. Sa bravoure et son

intelligence l'avaient signalé à l'attention de l'habile et intrépide

Conrad, colonel d'état-major français et commandant en chef la légion

étrangère, avec le titre de brigadier. Bazaine fut désigné pour remplir

les fonctions de chef d'état-major; il assista en cette qualité aux

sanglantes batailles de Huesca, en Aragon, et de Tolosa, en Catalogne.

Après la mort du glorieux brigadier Conrad, il sut diriger avec talent

et sang-froid une retraite difficile devant un ennemi victorieux et

entreprenant.

Rentré en France en juillet 1838, Bazaine fut nommé, l'année suivante,

capitaine au titre français et compris, en 1840, dans la formation des

dix bataillons de chasseurs à pied réunis à Saint-Omer, sous le

commandement du duc d'Orléans qui leur donna son nom. Le capitaine

Bazaine, très-adroit à tous les exercices du corps, obtint le prix de

tir décerné aux officiers par le prince royal.

A la levée du camp, son bataillon fut dirigé sur l'Algérie, où il

devint, en 1844, chef de bataillon et chef des affaires arabes de la

subdivision de Tlemcen. Toujours en route, il prit part à de nombreuses

expéditions pendant lesquelles il se signala par des coups de main

remarquables, surtout lors de la terrible insurrection de 1845, célèbre

par le massacre de Sidi-Brahim, où le lieutenant-colonel de Montagnac et

le commandant de chasseurs à pied Froment-Coste périrent avec presque

tous leurs soldats. Bazaine reçut la croix d'officier pour sa belle

conduite au combat de Sidi-Haffis. Plus lard, en 1847, il contribua

efficacement à la reddition d'Abd-el-Kader.

Après la révolution de février, le commandant Bazaine était promu

lieutenant-colonel et directeur des affaires arabes de la province

d'Oran; en 1850, il était déjà colonel du 55e de ligne, et l'année

suivante il rentrait dans son corps de prédilection comme colonel du 1er

régiment étranger, investi en même temps du commandement de la

subdivision de Sidi-bel-Abbès, commandement dans lequel il se distingua

par une administration sage et féconde en résultats.

En 1854, la brigade de la légion étrangère fut envoyée à Gallipoli où

son chef, le général Carbuccia, fut de suite enlevé par le choléra, en

même temps que son collègue, le général duc d'Elchingen. Le colonel

Bazaine le remplaça dans ce beau commandement et fut embarqué pour la

Crimée, avec ses deux régiments, peu de temps après la bataille de

l'Alma. Toute l'armée sait la part brillante que prit la brigade

étrangère aux combats devant Sébastopol où, de même que les 35e et 42e

de ligne pendant le siège de Paris, elle fit le fond de toutes les

attaques exécutées à la gauche de la place. Son jeune général se

distingua tout particulièrement le 2 mai, à l'enlèvement de l'ouvrage

dit du Cimetière; son collègue de la Motterouge, partagea avec lui les

honneurs de cette glorieuse et sanglante nuit.

Le 10 septembre 1855, le surlendemain de la prise de Sébastopol, le

maréchal Pélissier confiait à Bazaine le commandement supérieur de la

forteresse russe, et le 14 du même mois les étoiles de divisionnaire

venaient le récompenser de sa belle conduite pendant ce siège de onze

mois. Pélissier, très-difficile, dans le choix de ses lieutenants, avait

la plus grande estime pour les talents militaires du nouveau général de

division, et en donna une preuve éclatante en lui confiant, le 7

octobre, le commandement en chef de l'expédition de Kinburn, fort situé

dans le _liman_ du Dniéper, sur les communications de l'armée russe avec

Nikolaïeff. (On donne le nom de _liman_ aux lagunes de la mer Noire.)

Le corps expéditionnaire se composait d'une brigade française de 4,000

hommes, commandés par le général de Wimpffen, et de 4,200 Anglais sous

les ordres du généra! Spencer. Le 14, les flottes combinées parurent

devant la forteresse; le 17 octobre, Bazaine ouvrait la tranchée et

s'emparait de Kinburn après un bombardement de cinq heures exécuté

simultanément par les batteries de terre et celles des vaisseaux. En

récompense de ce beau fait d'armes, l'empereur lui envoya la croix de

commandeur.

En 1859, on retrouve Bazaine à l'armée d'Italie, où il commandait la

troisième division du premier corps, Baraguey d'Hilliers. Le 8 juin, il

gagne la plaque de grand officier au sanglant combat de Melegnano, et se

distingue encore le 24 juin à l'attaque du cimetière et de la tour de

Solférino. Après cette dernière bataille, Bazaine était un homme posé,

le chef de l'État n'attendait plus qu'une occasion pour lui confier un

commandement en chef.

En 1862, quand le premier échec éprouvé par le général de Lorencez, sous

les murs de Puebla, décida l'empereur à envoyer une véritable armée dans

ce pays lointain, il jeta les yeux sur les deux divisionnaires désignés

pour le maréchalat. Korey gagna son bâton avec la prise de cette ville,

prise à laquelle Bazaine contribua puissamment, d'abord en enlevant le

Pénitencier ou fort San-Xavier, puis en remportant, avec 1,800 hommes,

la brillante victoire de San-Lorenzo, sur l'armée de secours commandée

par l'ex-président, Comonfort, et forte de plus de 10,000 combattants.

Il fut nommé grand'croix à cette occasion.

Peu de temps après, Bazaine succédait à Forey dans le commandement en

chef et, le 5 septembre 1804, il était élevé à la dignité de maréchal de

France. Trois mois auparavant, l'empereur Maximilien était venu prendre

possession du trône mexicain. Ses rapports avec Bazaine manquèrent

toujours de cordialité, on eût dit que chacun de ces deux grands

personnages se refusât à faire les premières avances.

A partir de cette époque, on peut dire que la belle réputation du soldat

parvenu à sa suprême dignité militaire a été en déclinant. Au

commencement de 1865, il eut encore l'occasion de faire preuve de coup

d'oeil et de résolution en enlevant, dans la forte ville d'Oajaca, toute

l'armée de Porfirio Diaz. Mais ce fut la fin; après avoir étendu son

action sur une surface deux fois plus grande que la France, l'armée fut

rappelée et son commandant en chef eut alors le tort grave de tolérer à

ses côtés un simple général de brigade, M. de Castelnau, aide de camp de

l'empereur en mission, dont la singulière attitude était celle d'un

homme qui a le droit de contrôle sur les actes de son supérieur.

À sa rentrée en France, on lui fit un sanglant affront en défendant au

préfet maritime de Toulon de lui rendre les honneurs dus aux grands

dignitaires de l'armée. Dès ce jour, l'opposition eut l'oeil sur un

homme qu'elle considérait comme un mécontent.

Cette disgrâce éclatante dura deux ans, puis on donna à Bazaine le grand

commandement de Nancy. En 1809, il commandait la première série du camp

de Châlons lorsque l'empereur s'y rendit avec le maréchal Niel. Que se

passa-t-il?

Ce qu'il y a de certain c'est que Napoléon III rendit à Bazaine toute sa

faveur, lui promit la succession du maréchal Régnault d'Angely à la

garde impériale, et que l'impératrice Eugénie reçut avec distinction la

belle et séduisante madame Bazaine, qu'elle avait jusqu'alors tenue à

l'écart. Un brillant punch fut organisé à l'instigation de l'empereur

par le général Forey, et les journaux officieux furent invités à se

montrer favorables à l'ancien commandant en chef du corps

expéditionnaire du Mexique.

En 1870, quinze mois à peine après cette quasi réhabilitation, nous

avons eu à quelques jours d'intervalle le glorieux Bazaine et le traître

Bazaine. Nous croyons qu'il ne méritait ni cet excès d'honneur ni cette

indignité. Comme l'a si justement dit le général Changarnier à la

tribune de l'Assemblée nationale: le commandement en chef d'une armée de

170,000 hommes était trop lourd pour Bazaine; son intelligence, pourtant

très-nette s'est obscurcie en présence de l'écrasante responsabilité qui

lui incombait. Le 12 août 1870, il héritait d'une situation presque

désespérée; il n'a pas eu le courage d'en envisager les difficultés en

face, il a tenté de les tourner, comme aujourd'hui encore il n'ose pas

attaquer le taureau par les cornes.

Après le 4 septembre, quand Bazaine eut reçu communication de la liste

des gouvernants de l'Hôtel-de-Ville, il comprit que jamais le haut

état-major de son année n'accepterait la domination de ces hommes sans

mandat et sans consistance. De plus, il pensait avec tous les militaires

que Paris ne tiendrait pas huit jours et que la paix serait signée avant

la fin du mois. Son unique préoccupation fut alors de conserver intacte

la seule véritable armée qui restât debout après la catastrophe de

Sedan. Son tort est d'avoir échoué dans son entreprise et peut-être

employé des moyens peu corrects pour la faire réussir. C'est ce que le

conseil de guerre nous apprendra sous peu.

En tout cas, je suis convaincu que telle était la pensée du commandant

en chef de l'année de Metz, et cette pensée, il ferait bien de

l'exprimer franchement devant ses juges. Cela vaudrait mieux que

d'épiloguer sur des dépêches et des protocoles. Pour terminer cette

notice, j'émettrai humblement cet avis que, si le maréchal Bazaine est

coupable du crime dont on l'accuse, il compte à coup sur de nombreux et

illustres coopérateurs.

<sc>A. Wachter.</sc>

La chambre du maréchal Bazaine, à Trianon.

Nous n'avons pas à apprendre à nos lecteurs que le procès du maréchal

Bazaine va se dérouler dans le vestibule de ce château qui fut si cher

au roi Louis-Philippe, le Grand-Trianon. Déjà toutes les dispositions

sont prises en conséquence, et le grand vestibule a été aménagé de façon

à répondre à toutes les exigences de sa nouvelle et passagère

destination.

En dehors de ce prétoire improvisé, dont nous donnerons en temps utile

une vue à nos lecteurs, diverses pièces ont été affectées: au greffe,

aux témoins à charge et à décharge, aux officiers de gendarmerie chargés

du service militaire, aux délibérations du conseil et au logement des

personnages que leurs fonctions doivent retenir au Grand-Trianon pendant

la durée du procès. Ainsi les témoins à charge occuperont la salle des

huissiers, située à gauche du vestibule et donnant sur le jardin, et les

témoins à décharge la bibliothèque. Le général Pourcet habitera le

pavillon de Madame, composé de cinq pièces. Le pavillon de l'aile

droite, placé en face du pavillon de Madame, dans la cour d'honneur, est

destiné au duc d'Aumale, qui présidera, comme on sait, le conseil de

guerre. Enfin la salle des délibérations sera placée dans le salon de la

reine d'Angleterre, et la salle des pas perdus dans le salon rond des

huissiers, qui lui fait suite, et qui se trouve à droite du vestibule

transformé en prétoire.

Reste le logement du maréchal Bazaine, qui a été extrait la semaine

dernière de la maison de l'avenue de Picardie, où il était détenu depuis

le 14 mai 1872, époque à laquelle il s'y était constitué prisonnier. Le

maréchal a été logé dans l'annexe du château, donnant sur

Trianon-sous-Bois. C'est dans l'angle de cette annexe que se trouve sa

chambre, dont les fenêtres ouvrent sur le parc. Cette chambre, dont nous

donnons une vue dessinée sur place, est carrée et revêtue d'une boiserie

peinte en blanc. Le mobilier est des plus modestes. Il se compose d'un

lit en acajou plaqué, sans rideaux, d'une armoire placée à la tête du

lit, d'une toilette-commode posée entre les deux fenêtres, de quelques

chaises d'un âge mûr et d'un guéridon. Une petite pendule en marbre

posée sur la cheminée, ainsi que deux chandeliers et deux candélabres à

deux branches, complètent l'ameublement.

Deux pièces font suite à cette chambre et sont occupées par les

officiers supérieurs chargés de veiller sur la personne du maréchal, qui

à Trianon-sous-Bois, comme dans la maison de l'avenue de Picardie, est

gardé par un piquet de cinquante hommes de ligne, ayant un poste à

proximité de la chambre du prisonnier.

Quant au service du conseil de guerre, au Grand-Trianon, il est fait par

la gendarmerie mobile.

L'Illustration, No. 1597, 4 octobre 1873 · 第 11 / 26 题