Chant XXXVII.--Passant en revue les écrivains divers qui ont
employé leur plume à chanter les louanges du beau sexe, le
poète en prend occasion pour louer Vittoria Colonna et les
nobles vers consacrés par elle à la mémoire du marquis de
Pescaire, son époux. Puis il introduit sur la scène Ullania,
messagère de la reine de l’île Perdue, qui raconte à Roger, à
Bradamante et à Marphise l’indigne coutume établie par Marganor
dans son propre château à l’encontre des femmes. Les deux
guerrières et Roger infligent à Marganor le châtiment qu’il
a mérité. 1
Chant XXXVIII.--Roger, fidèle à l’honneur qui l’appelle auprès
d’Agramant, s’en va à Arles. Bradamante et Marphise se
présentent à la cour de Charles. Marphise reçoit le
baptême.--Astolphe, à la tête d’une armée de Nubiens, saccage
l’Afrique et menace Biserte. Agramant, instruit de ces
événements, obtient de Charles de décider de la guerre entre
eux par le combat singulier de deux champions élus dans chaque
camp. 33
Chant XXXIX.--Mélisse, au moyen d’un enchantement, fait
qu’Agramant viole le pacte juré. Les deux armées en viennent
aux mains, et les Maures ont le dessous.--Astolphe accomplit
des prouesses en Afrique, et y crée une flotte. Ses compagnons
et lui s’emparent de Roland, et Astolphe lui rend la
raison.--Agramant, s’étant embarqué avec ses troupes, rencontre
la flotte chrétienne qui l’attaque. 56
Chant XL.--La flotte d’Agramant ayant été battue et brûlée, les
chrétiens assiègent Biserte, qui est prise d’assaut, mise au
pillage et livrée aux flammes. Agramant se réfugie à Lampéduse
avec Sobrin. Ayant trouvé Gradasse dans cette île, ils arrêtent
tous les trois le projet de défier Roland et deux autres
chevaliers chrétiens au combat. Roland accueille volontiers
cette offre, et choisit pour compagnons Brandimart et
Olivier.--Entre temps, Roger, retournant à Arles, délivre sept
rois africains que Dudon conduisait prisonniers, et en vient
aux mains avec ce dernier. 77
Chant XLI.--Roger et Dudon cessent leur combat, après être
convenus que les sept rois païens prisonniers seront rendus à
la liberté. Roger s’embarque avec eux pour l’Afrique. Pendant
la traversée, ils sont engloutis par une tempête, excepté
Roger, qui est porté sain et sauf près d’un ermite, lequel lui
prédit diverses choses.--Le navire, abandonné par son équipage,
est poussé par le vent jusqu’à Biserte. Il y avait à bord
l’épée, l’armure et le cheval de Roger. Roland prend l’épée
pour lui, donne l’armure à Olivier et le cheval à Brandimart,
et ils vont tous les trois à Lampéduse pour combattre les trois
païens. Le combat s’engage; Sobrin et Olivier sont blessés, et
Brandimart est tué. 98
Chant XLII.--Le combat de Lampéduse se termine par la mort de
Gradasse et d’Agramant, occis par la main de Roland, qui
accorde la vie à Sobrin.--Bradamante se désole du retard de
Roger.--Renaud, en allant sur les traces d’Angélique, trouve un
remède qui le guérit de son amoureuse passion. S’étant remis en
chemin pour rejoindre Roland, il fait la rencontre d’un
chevalier qui le reçoit dans un magnifique palais orné de
statues représentant diverses dames de la maison d’Este. Son
hôte lui propose un moyen de s’assurer de la fidélité de sa
femme. 124
Chant XLIII.--Renaud entend raconter deux nouvelles, l’une contre
les femmes, l’autre contre les hommes qui se laissent vaincre
par l’ignoble passion de l’avarice. Après un long chemin sur
terre et sur mer, Renaud arrive à Lampéduse, au moment où
venait de se terminer le combat entre les paladins et les
païens. Ils descendent tous en Sicile et, sur la plage
d’Agrigente, ils rendent les derniers honneurs aux dépouilles
mortelles de Brandimart. De là, ils vont à l’ermitage où est
Roger, devenu déjà chrétien. L’ermite rend la santé à Olivier
et à Sobrin, qui se fait aussi baptiser. 151
Chant XLIV.--Les cinq guerriers se lient d’une fraternelle
amitié. Renaud, tenant Roger en grande estime, et sur les
conseils de l’ermite, lui promet la main de sa sœur
Bradamante. De là, ils s’en vont à Marseille, où arrive en
même temps Astolphe, qui a licencié son armée de Nubiens, et
rendu sa flotte à son premier état de feuilles. Les paladins
et Sobrin sont magnifiquement accueillis par Charles dans
Paris, mais la joie générale est troublée par le refus du duc
Aymon et de sa femme Béatrice de consentir à l’union de Roger
et de Bradamante, celle-ci ayant été déjà fiancée par eux à
Léon, fils de l’empereur des Grecs. Roger prend ses armes et,
plein de haine contre Léon, il se transporte au camp des
Bulgares qui sont en guerre avec les Grecs. Il défait ces
derniers, puis va loger dans une hôtellerie qu’il ignore être
située sur les terres de l’empire grec. Il y est dénoncé
comme l’auteur du désastre éprouvé par les Grecs. 202
Chant XLV.--Roger, saisi pendant son sommeil, devient le
prisonnier de Théodora, sœur de l’empereur Constantin.--Entre
temps, Charles, à la requête de Bradamante, a fait publier
que quiconque voudra l’avoir pour femme devra se battre avec
elle et la vaincre.--Léon, qui a conçu de l’amitié et de
l’estime pour Roger, sans le connaître, le tire de prison et
l’engage à combattre en son nom contre Bradamante. Roger,
portant les insignes de Léon, se bat contre la guerrière.
Survient la nuit; Charles fait cesser le combat et donne
Bradamante à celui qu’il croit être Léon. Roger, désespéré,
veut se tuer; mais Marphise va trouver Charles et empêche
ce mariage. 228
Chant XLVI.--Le poète, se sentant arriver au port, nomme les
nombreux amis qui l’attendent pour fêter son retour.--Mélisse
va à la recherche de Roger, et lui sauve la vie avec le
concours de Léon qui, ayant appris le motif du désespoir de
Roger, lui cède Bradamante. Tous vont à Paris, où Roger, élu
déjà roi des Hongrois, est reconnu pour le chevalier qui a
combattu contre Bradamante. On célèbre les noces avec une
splendeur royale; le lit nuptial est préparé sous la tente
impériale que Mélisse, grâce à son art magique, a fait venir
de Constantinople. Pendant le dernier jour des fêtes, survient
Rodomont qui défie Roger; le combat a lieu, et Rodomont reçoit
la mort de la main de Roger. 258